mardi 12 octobre 2010

Antony and the Johnsons - Swanlights

Je n'ai jamais vraiment accroché à Antony and the Johnsons. Voilà, c'est dit. J'ai écouté I Am a Bird Now, j'y ai trouvé de très bonnes chansons, et même des fois j'ai trouvé ça bien. Je reconnais le grand talent d'Antony Hegarty, mais sa voix m'insupporte, le côté à la fois solennel et théatral m'ennuie profondément. L'an dernier, même histoire pour The Crying Light. Assurément de bonnes chansons, indéniablement de bons moments, mais je l'aurais pas écouté en boucle. Mais voilà, ça me désole un peu de pas aimer ce groupe, parce que je sens quand même qu'ils font de bonnes choses. Bref, assez compliqué tout ça. Je n'attendais pas avec impatience Swanlights, mais j'étais curieux, je voulais voir si cette fois ci, ça fonctionnerait.

Eh bien... oui et non. Ahah, on est bien avancé avec ça. Bon, pour développer un peu, ça reste du Antony and the Johnsons. Toujours ces chansons très épurées, presques décharnées parfois, et la voix d'Antony a toujours cette sensibilité à fleur de peau. Mais voilà, pour commencer, je trouve que les chansons n'ont plus ce qui leur donnaient ce côté poignant auparavant, qui pouvait vous toucher au delà des considérations de formes. Swanlights pèche un peu dans le songwriting donc, qui était jusque là la marque indiscutable du talent du groupe. Ainsi des chansons comme "The Great White Ocean", "The Spirit Was Gone" ou "Thank You for Your Love" n'ont jamais l'air d'arriver à une apogée émotionnelle, comme on pouvait le ressentir sur les chanson d'I Am a Bird Now. 

En contrepartie, je trouve que les arrangements des chansons ont sensiblement évolué, et plutôt dans le sens de ce que j'aime. "Thank You for Your Love" a beau ne pas me toucher beaucoup, j'apprécie réellement l'instrumental derrière, de la même façon que sur "Fistful of Love", qui encore une fois était globalement meilleure. De même sur "Ghost", l'arrangement est assez banal mais fonctionne très bien pour créer une atmosphère un peu plus légère que d'habitude, comme sur "I'm in Love" où la ritournelle de clavier crée une ambiance qui se marie parfaitement avec les péripéties vocales d'Antony. Encore une fois, pas de "grandes" chansons, mais de vrais bons moments. Mais la perle de l'album est la chanson qui lui donne son titre. Elle se déploie lentement autour de sons un peu expérimentaux relativement inhabituels créant une ambiance plutôt sombre, et la voix d'Antony prend progressivement de l'ampleur jusqu'à faire décoller la chanson qui atterrit ensuite en douceur. Un exercice assez original pour le groupe et qui constitue en fait la meilleure chansons de l'album.

Reste à voir maintenant si le groupe va évoluer dans cette voie ou s'il va essayer de raviver une fois de plus la flamme présente sur ses précédents albums. Pour ma part, Swanlights ne sera pas l'album qui fera de moi un addict du groupe, je crois que j'ai définitivement raté ma chance. Mais encore une fois, Antony and the Johnsons a su me surprendre et même si cet album fait sûrement pâle figure vis-à-vis des précédents, j'ai eu autant de moments de plaisir à écouter qu'avant, même avec des chansons globalement moins bonnes. Allez comprendre.








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