mercredi 20 octobre 2010

Glasser - Ring

Je ne sais pas d'où ce disque sort, il est tombé comme ça dans ma sélection "récemment ajoutés", j'ai l'impression que j'ai pas fait exprès. Et je vous avoue que j'ai un peu la flemme de chercher d'où il sort, et au vu de ma faible activité actuelle, vous comprendrez que cette flemme est à peu près générale. Mais tout de même, la pochette me faisait penser à Neon Indian, qui m'a fait agréablement surpris l'an dernier, alors je me suis dit pourquoi pas. Et même si on tombe encore sur un disque de "chillwave", et que j'ai beau ne pas comprendre ce que ça veut dire, je vois bien qu'on tombe sur un disque bien dans l'air du temps, qui creuse un sillon déjà bien entamé depuis une paire d'année. Mais c'est comme pour tout, on a souvent des bonnes surprises, et Glasser, à défaut d'avoir été LA bonne surprise de l'année, aura eu le mérite de livrer avec Ring, un album un peu plus intéressant que ses congénères.

Dans un genre très planant, gonflé à la reverb, et fait de collages de sons qui peuvent revêtir tour à tour des habits pop ou plutôt expérimentaux, Glasser nous livre un album très travaillé, surtout sur l'ambiance. Les plus perspicace me diront: "Ben c'est de la chillwave quoi." Ouais voilà, mais bon c'est quand même un peu plus intéressant de développer. Et je vais commencer par une remarque que je fais souvent, c'est que la musique est à l'image de la pochette. C'est très con comme réflexion, mais ça marche souvent. La musique de Glasser reflète bien ce côté collage abstrait shiny voire kitsch. Allant, agréable, et profond à la fois. Ici le procédé est simple, Cameron Mesirow (la fille derrière tout ça), pose une voix éthérée et langoureuse sur de longues nappes de clavier, rythmées par des percussions un peu tribales. Comme je l'ai déjà, on est que dans le déjà-vu, dans la truc qui marche en ce moment, et donc on est très loin du disque WTF qui vrille les oreilles aux premières écoutes. Non, là, dès la première piste "Apply", c'est accrocheur, et toutes ces choses qui marchent font une chanson qui marche.

Parce que oui, c'est pas le tout de recycler des méthodes qui fonctionnent, encore faut-il composer de bons morceaux. Et Ring n'en est pas dépourvu, loin de là. La première partie de l'album distille des mélodies qui se retiennent facilement, ça ferait presque penser à du Beach House par instant. Et l'album démarre lentement mais sûrement, sans forcer, nous baladant en nous tenant par la mains dans les méandres de l'imaginaire de Glasser. La première moitié est assez reposante, jusqu'à "T", qui prend un peu d'ampleur, sans trop s'énerver. A partir de là, le rythme se fait un peu plus frénétique, plus sombre et moins onirique. Si l'ombre de Fever Ray planait depuis le début sur Ring, c'est bien dans la seconde partie que cela se ressent le plus, du moins par instants. La référence est flatteuse, mais Glasser ne parvient pas tout à fait à atteindre cette profondeur qui avait surpris tout le monde l'an dernier. Tout ça reste trop léger, à l'image des "Ouhah ouhah" de "Mirrorage", qui force un peu le trait. Dommage, jusqu'ici l'album savait exercer son style avec justesse et retenue.

Mais ne blâmons pas Glasser pour ces quelques détails, et je ne dois pas laisser mon cynisme tout envahir: Ring est certainement l'album le plus représentatif de ce qui se fait en ce moment, mais cela ne l'empêche pas d'être un cran au dessus des autres. Incontestablement agréable à écouter et indéniablement talentueuse, la musique de Glasser ne passera sans doute pas le cap des années, mais elle aura eu le mérite d'avoir su synthétiser les sons de son époque en évitant les écueils pourtant nombreux qui pouvaient se présenter, et en cela elle mérite d'être écoutée, au moins jusqu'à l'année prochaine.






Esprit Critiques pour la chronique plus approfondie, et C'est entendu pour une bonne explication de tout le contexte.

2 commentaires:

  1. moi aussi j'ai bien accroché à ce disque, j'aime ce son... ça me fait un peu penser au Delorean je trouve.
    Sinon sympa comme tout ton petit blog, je ne connaissais pas. Continue comme ça !! Je l'ajoute à mes liens Blogs

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  2. Je l'ai découvert chez Esprits Critiques et je n'y suis pas revenu depuis ; peut-être à cause du côté Beach House justement :)

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