samedi 16 octobre 2010

Trent Reznor and Atticus Ross - The Social Network Soundtrack

Je n'ai jamais été un grand fan des bandes originales de film, car le plus souvent elles ne donnent tout leur potentiel qu'après avoir vu le film. Mais voilà, là c'est de la musique de Trent Reznor, et j'aime bien avoir de ses nouvelles de temps en temps. Surtout que je n'ai pas été vraiment convaincu par l'album avec sa femme au début de l'année. Et puis je n'ai aucune intention d'aller voir le film en plus, rien que de savoir que c'est un film sur le créateur de Facebook par David Fincher ça me tente pas, je préfère aller voir un énième film moyen de Woody Allen. Mais, on est pas ici pour parler de mes goûts cinématographiques. Trent Reznor donc, grand dieu de la musique industrielle bien couillue avec Nine Inch Nails, qui a d'ailleurs perdu un peu de testostérone depuis quelques années. Atticus Ross, compagnon de production depuis With Teeth, qui marquait justement le début d'un son un peu moins profond et plus catchy, à l'image de "The Hand That Feeds".

La première écoute nous révèle que cette bande originale se situe vraiment du côté des albums expérimentaux un peu conceptuels que l'on a pu connaître chez Reznor, comme Ghost. Au menu, boucles electroniques, ambiances sombres avec des grosses basses et notes de piano disposée de manière angoissante. On n'est pas trompé sur la marchandise, on est bien en train d'écouter un album de Trent Reznor, aucun doute là dessus. Si on passe tous les morceaux vraiment ambient qui ne valent pas la peine d'en parler si on ne voit pas la scène pour laquelle ils sont composés, on retient quelques titres plus faciles à appréhender seuls. Et on remarque déjà une chose, c'est le son un peu surprenant utilisé par le duo. On note beaucoup de boucles de synthés qu'on aurait pas forcément entendu chez NIN, certaines qui ornent des chansons vraiment bonnes, comme "In Motion", et d'autres fois, la qualité de la chanson est assombrie par ce son fort dispensable choisi. On en voit l'exemple dans "Intriguing Possibilites" ou le son de synthés est plutôt sympa au début, mais carrément dégueulasse vers la fin, genre jouet pour enfant, qu'on retrouve dans "Pieces Form the Whole". Connaissant l'expérience de Reznor dans le domaine, on est surpris d'entendre des sons si peu originaux de sa part.

Globalement, c'est un peu décevant de voir que tous les morceaux évoluent à peu près sur le même registre. La rare surprise est dans "Painted Sun In Abstract" ou j'étais persuadé que Damon Albarn allait entamer "Girls and Boys". Mais voilà, il ne faut pas bouder notre plaisir quand Reznor reprend du poil de la bête, comme sur le très bon "Carbon Prevails", avec son intro presque dubstep et des accès de violence qui nous ramèneraient presque vingt ans en arrière. De même avec "Magnetic", qui devient franchement angoissante à mesure qu'elle progresse, le genre de morceaux qui me donneraient presque envie d'aller voir le film. Enfin, "In the Hall of the Mountain King" d'Edvard Grieg "remixé" par Reznor, c'est un peu le truc qu'on a toujours voulu entendre sans vraiment le savoir. Du coup c'est vraiment très bon, même si bon le morceau original y fait beaucoup, et forcément, c'est aussi très cinématographique.

On a donc pas beaucoup de choses à se mettre sous la dent dans cette bande originale, mais Reznor nous montre qu'il sait encore faire de bonnes choses, parce qu'on commençait presque à en douter. Le filon de la musique de film lui va très bien, même si forcément, le tout est très homogène et parfois trop. On balance un peu entre les penchants les moins enthousiasmants qu'on perçoit et ceux qui pourrait laisser entendre une possible renaissance de Reznor pour ses projets futur. Ces derniers aspects sont quand même nettement minoritaires, et cette BO laisse un arrière goût fade d'inachevé.


1 commentaire:

  1. Mais c'est tellement mieux que le film...
    Maintenant, quand je l'écoute, la BO, elle me semble moins bien. A cause du film.

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