dimanche 10 octobre 2010

Wombs - Unitopians

Il y a des groupes comme ça, on sait pas d'où ils sortent, d'ailleurs on se demande comment on tombe dessus, mais en les écoutant, on se demande comment ça se fait que personne n'en parle. Wombs fait partie de ceux-là. Oui, ils ont un nom de mauvais goût et Unitopians a une pochette pour le moins étrange (je sais, je prête beaucoup attention aux pochettes.) Et pourtant, cette façade dissimule une groupe peu conventionnel, venant des Etats-Unis, sans doute Cleveland, et qui a pour principale caractéristique de compter dans son line-up le batteur des Cloud Nothings, un peu plus connus eux, mais pas beaucoup. Bref, découverte totale, on ne sait pas à quoi s'attendre, et on avance un peu à tâtons.

L'album débute par un instrumental ambiant plutôt bon, même si on espère que tout l'album ne sera pas comme ça. Et bien, tout l'album n'est pas comme ça. « God is my co-Pilot » débute sur un riff simplissime mais ô combien excellent, digne des meilleurs groupe de rock anglais qu'on peut avoir actuellement. Car oui, contre toute attente, Wombs excelle dans ce domaine, et certains passages sont de purs moments de plaisir rock à guitare, comme dans « Heart & Lungs ». Mais certains passages seulement, car au bout d'un moment le naturel (je suppose) du groupe revient au galop et la chanson prend une toute autre dimension. Il n'y a qu'à écouter la seconde partie de « God is my co-Pilot », véritable déluge sonore, choeurs à l'appui. Comme dit leur myspace « They like getting loud, then quiet, then loud. »

Mais on ne se cantonne pas à cette particularité, il faut aussi noter que le groupe est diablement doué pour faire des chansons qui ne s'essoufflent pas, sans user de moyens banals. « Purple People Bridge » commence ainsi doucement, comme une bonne ballade, prenant du l'ampleur progressivement, par ruptures successives. Et là, le chant s'emballe, et on passe la moitié du morceaux avec d'étranges hurlements bruitistes,mais parfaitement jouissifs, qui emportent toute la fin de la chanson vers des sommets qu'on ne soupçonnait pas. Il en est de même pour « Ghost Roast », à renfort de cuivres. L'album alterne très bien les chansons pour ne jamais ennuyer sans faire de surenchère. Enfin, il y a cet usage des cordes, discret mais bien présent, qui font de « Protein Shake », et surtout « Cone Bearing Trees » -son sommet presque breakbeat rappelle Rossz Csillag Alatt Született de Venetian Snares-, des morceaux assez inhabituels.

Comment est-ce possible qu'un groupe avec un tel potentiel ne soit signé sur aucun label ? Je trouve ça effarant, tant Unitopians est pour moi un excellent album de pop lo-fi, et même bien plus que ça. Le genre de choses qui commencent d'abord par vous surprendre avant de vous obséder comme rarement. Une des très bonnes découvertes de cette année, et un groupe à suivre, même si cela risque d'être assez difficile.






A lire également chez Mlle Eddie, et Little Reviews. 

4 commentaires:

  1. Bah Joris, tu trompes les Innocents maintenant ?
    C'est cool en tout cas !

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  2. Eh, eh, c'est seulement maintenant que je me rends compte! Un peu décalé mon "Bienvenue au club"...
    ;-)

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  3. Spiroid, il fallait prévenir qu'on pouvait te lire également ici dorénavant. Je suis presque tombé dessus par hasard ! Préviens dans les commentaires s'il te passe l'idée de créer un troisième blog ! :)

    Sinon j'avais un peu oublié ce Wombs mais c'est vrai qu'il claque.

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  4. J'me suis dit qu'en changeant l'URL du pseudo ça suffirait! Le hasard fait bien les choses en tout cas. :)

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