dimanche 7 novembre 2010

Ray Davies - See my Friends

Aujourd'hui je fais dans le facile. Critiquer un album du type "... & Friends" c'est un peu la grosse tarte à la crème. C'est jamais bon, c'est souvent très difficile à écouter et on n'en retire jamais rien. Mais c'est amusant. Ici, c'est l'ancien leader des Kinks qui s'y colle, avec une liste d'invités prestigieuse qui sonne comme la programmation d'un grand festival de mauvais goût. Regardez plutôt: Bruce Springsteen, Metallica, Bon Jovi, Mumford & Sons, Amy Mc Donald, Spoon, Black Francis, Billy Corgan et j'en passe... See My Friends est donc un album de reprises par ces gens, sur lesquelles Davies pose sa voix. Très facile à critiquer donc, vu que l'intérêt artistique de cet album est quasiment nul. Une star vieillissante qui reprend ses vieux morceaux "de quand je faisais des trucs bien, souvenez-vous", avec des invités qui sont eux-mêmes vieillissants, sur le déclin ou au contraire de jeunes premiers qui aimeraient bénéficier de l'aura de leur ainé. 

C'est donc sans surprise que l'on trouvera très peu de choses à se mettre sous la dent dans cet album. Il faut dire qu'on avait peu d'espoir vu les "friends" qui participent. Bon Jovi et Richie Sambora ? Qui attend encore qu'ils fassent autre chose que du "hard FM" à base de voix de crooner et de solos qui polluent tout un morceau ? Celluloid Heroes n'y échappe pas, c'est navrant. Et, comme on s'en doutait depuis qu'on a appris la sortie de l'album, on a droit à une version de "You Really Got Me" version métal. Je fais peut-être dans la tarte à la crème, mais avouez que je suis pas seul. Le poncif du "premier morceau de hard rock" repris par des bon vieux métalleux de Metallica est tellement éculé que c'en est pathétique, surtout qu'il faut avouer que Metallica ne doit plus grand chose aux Kinks, mais bon, c'est ainsi qu'on a fait l'histoire du rock. On a donc droit à une reprise absolument sans intérêt, puisqu'elle consiste à reprendre note pour note la chanson avec des amplis plus puissants et une double pédale, c'est-à-dire une reprise de ce qui avait déjà été fait par Van Halen il y a 30 ans, et j'aimais bien pourtant. Cette chanson est à l'image de tout l'album. Beaucoup des chansons ont déjà été reprises, et cet album ne fait preuve d'aucune originalité par rapport aux reprises déjà faites.

La plupart du temps, le truc consiste à prendre les aspects les plus marquants de l'original, et à les pousser puissance mille. "Dead End Street" était un peu sautillante ? Et bien Amy McDonald martèle le piano avec un rythme "pa-pa-pa-pala-pa..." usé de chez usé, comme pour marquer en gros au feutre fluo ce qu'elle veut faire de la chanson. Paloma Faith accentue à fond le rythme du chant de "Lola". On avait compris. Les chansons sont toutes modernisées, et la moitié du temps ça ressemble davantage à un mauvais remix qu'à une réelle reprise. Et puis la contribution de Ray Davies à cela semble très faible. Je ne sais pas encore s'il est mieux pour lui de ne pas porter la responsabilité d'un si mauvais album ou s'il va au contraire tout prendre pour lui. En tout cas c'est bien dommage. Il y avait pourtant des choix intéressants, comme Mumford & Sons pour "This Time Tomorrow" qui leur allait bien, mais justement, ils ne font aucun effort pour la reprendre à leur sauce. le "This is where I Belong" parvient au moins à garder son côté allant et reste agréable, avec Black Francis à l'appui. Bruce Springsteen fait son Boss sur "Better Things", qui n'est pas mauvaise, mais pas franchement intéressante non plus. La rare surprise vient de Billy Corgan qui parvient à donner un nouveau souffle au culte "All Day and All of the Night" en jouant un mélange entre David Bowie et Iggy Pop, le tout respirant un air du rock alternatif des 80's.

Bref, vous l'aurez compris, cet album ne fait que confirmer la théorie générale comme quoi les "friends" sont toujours ingrats et ne permettent jamais de faire de bons albums. Un album de reprise en plus, quelle connerie je vous jure... Autant faire un best-of en chopant un inédit par-ci par-là. Les très rares bons moments ne durent pas le temps de toute une chanson, et on en vient vraiment à questionner la raison d'être de See my Friends tant il fait du tort à tout ce qu'il touche. Je fais ici autant une critique de Ray Davies que du principe même de reprendre ses chansons avec n'importe qui. Laissons les icônes où elles sont, une douche de vitriol n'ayant jamais fait de bien à quiconque.






Vous pouvez encore confirmer cet avis chez Soul Kitchen si besoin était.

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