lundi 15 novembre 2010

Stereolab - Not Music

Un nouvel album de Stereolab, ça pourrait être l'évenement de l'année, étant donné le statut de groupe culte de l'indie que le groupe a su se tailler dans sa carrière. Et pourtant non. Leur dixième pour leurs vingt ans de carrière, et ils ne créent pas la même attente teintée d'angoisse que certains groupes (comme Arcade Fire) ont provoqué après deux albums. Certains sarcastiques pourront dire que c'est faute d'avoir fait de bonnes choses, mais on ne peut nier en toute bonne foi que Stereolab a influencé une bonne partie de ce qui s'est fait dans l'indie rock des années 2000 et encore maintenant. Mais en effet, je n'ai jamais vraiment vu qui que ce soit leur attribuer un chef d'oeuvre, comme on peut le faire pour beaucoup d'autres groupes. Extrêmement indépendants, ils savent garder une bonne régularité sur chacun de leurs albums, et Not Music sera pour l'instant le dernier, l'occasion de voir comment ce groupe phare clôt sa grande carrière.

On a pu leur prêter rapidement l'étiquette de post-rock, il n'en est pas moins qu'aujourd'hui et depuis un moment déjà, Stereolab est bien davantage pop, et ce goût immense pour les claviers vintage n'arrange pas l'affaire. Et cela est confirmé d'entrée de jeu avec "Everybody's Weird Except Me" qui ouvre l'album sur cette pop sucrée parfaitement maitrisée par les Londoniens. Musicalement, pas grand chose à dire donc, on n'apprend pas à un vieux singe à faire des grimaces, et le groupe égrène ses chansons pop sans faillir, en s'accordant tout de même de bon vieux changements rythmiques. Des chansons comme "Leleklato Sugar","Delugeoisie" acquièrent une autre profondeur comme cela, alors qu'elles auraient pu rapidement s'essouffler autrement. Cela fonctionne moins bien cependant pour "Sun Demon", où la rupture un peu brutale n'est pas bien exploitée. Certaines reposent sur des schémas un peu simple comme "Two Finger Symphony" ou "Laserblast", mais le son reste tellement rafraichissant qu'au final elles passent toutes seules au milieu des autres.

Mais d'un autre côté, Not Music contient deux chansons qui font un peu figure d'ovnis par rapport au reste. Ce sont sans doute les deux seules qui méritent l'étiquette de post-rock (et encore, cette notion est tellement floue pour moi). Toutes les deux sont des chansons de l'album précédent remixées par des collaborateurs extérieurs, ce sont sûrement les plus riches de l'album. "Silver Sands", mixée par Emperor Machine, commence sur ce son de synthé habituel et ce rythme pop, mais prend vite de l'ampleur passée la moitié pour virer un peu plus expérimentale, et offrir cinq minutes de claviers vintage dans tous leurs états, plaisir sonore remarquablement bien placé au milieu de l'album, et qui nuance cette pop naïve qui ressortait jusqu'à présent de l'album. "Neon Beanbag", est elle remixée par Atlas Sound, c'est-à-dire Bradford Cox de Deerhunter, qui impose bien sa patte avec ce son voilà et expérimental sans complexe. On a un peu plus de mal à reconnaitre Stereolab dans ce morceau, qui semble être davantage une carte blanche à Bradford Cox qu'un simple nouvel angle de vue sur une chanson du groupe. Elle constitue néanmoins une bonne conclusion en étant une fois de plus très bien placée.

Après vingt ans de carrière, Stereolab montre qu'il sait toujours faire ce qui a fait de lui un groupe influent, en distillant cette pop sucrée à base de claviers vintage qui était sa marque de fabrique. Il est certain qu'ils ne révolutionneront plus la musique actuelle, mais Stereolab reste un son intemporel, qui ne dépareille pas album après album en gardant toujours la même spontanéité, et surprenant toujours par des choix inattendus. Ici, les deux remixs semblent être un passage de relais ou une manière de montrer que le groupe peut encore évoluer et faire de bonnes choses avec d'autres personnes, ce qui nous fera attendre avec impatience les futures collaborations des membres du groupe séparément. Ca me fait penser que j'ai pas écouté l'album solo de Laetitia Sadier. En bref, Stereolab c'est avant tout une façon de penser la musique et de la transmettre. Alors, un nouvel album, on se dit "Chouette!" et c'est toujours un plaisir.






A lire également chez Brainfeeders & Mindfuckers, où on trouve une comparaison plutôt pertinente avec Belle and Sebastian.

3 commentaires:

  1. Même note que Pitchfork. Mais tu avais un jour d'avance! :-)

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  2. Je sais pas si je dois en être fier... :D Mais bon, je tombe souvent dans les même notes qu'eux pour les disques que j'aime bien.

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  3. moi j'ai mis un peu plus, je trouve cet album fort plaisant.

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