dimanche 28 novembre 2010

Take it easy, babe

A l'occasion d'une rétrospective sur les Rolling Stones, je me fais interroger par un journal pour savoir comment j'ai vécu la carrière des Stones, car en tant que britannique de 77 ans, ça fait un bail que j'en entends parler. Ils me passent des titres pour me demander ce que j'en pensais à l'époque. Oh, je n'm'en souviens pas très bien, mais en gros voilà c'que j'en pensais à l'époque.

Start Me Up (1981): Je reviens du baptême de ma deuxième petite-fille. La radio de la voiture crachote un air soit-disant nouveau, mais je suis sûr que je le connais. On dirait « Brown Sugar » des Stones. Le DJ annonce qu'il s'agit de leur nouveau tube, « Start Me Up ». Bordel ils sont encore vivants ces cons là! J'pensais qu'ils avaient clamsé moi, vu tout ce que ce foutu Richards s'est enquillé depuis 20 ans... Ou j'sais pas moi, ils auraient pu s'entretuer, même s'ils sont sûrement trop cons pour avoir la bonne idée d'en arriver là. On va jamais en finir avec ces machins là c'est pas possible... Z'ont 10 ans de plus que moi et ils sont encore là à faire les zouaves comme des gamins de 20 ans. Des ratés, de vrais ratés, pas foutus de faire quoique ce soit de productif. C't'incroyable c'qu'ils m'agacent encore. Quelle époque j'vous jure, entre ça et les cocos qui débarquent en France, on n'est pas sorti, ah ça non!

(I Can't Get No) Satisfaction (1965): Oh encore cette horreur... Ca me défrise d'entendre ça. Si on m'avait dit y'a 15 ans qu'on laisserait une bande de voyous chanter à la radio j'l'aurais pas cru, ah certainement que non. Et l'autre là, il nous prend pour qui avec son « Laisseriez-vous votre fille se marier avec un Rolling Stone ? » Bien sûr que non j'vais pas la laisser, ni se marier, ni sortir avec ni même s'en approcher. Ah ça, j'peux vous garantir qu'elle a pas intérêt de me ramener un salaud comme ça à la maison parce que j'te le dégagerais bien proprement d'un coup pied dans l'derrière. Et puis nom d'une pipe, s'ils en ont marre de pas être satisfait, ils ont qu'à trouver un vrai boulot, ce serait déjà une belle bande de cons en moins à la radio. 

In Another Land (1967): Bon sang, comme si on n'en avait pas assez des prolos qui se mettent à faire de la musique inaudible, il faut qu'ils s'y mettent aussi eux. Non seulement ils savent pas garder leur engin dans leur pantalon, mais ils savent pas non plus faire de la musique tout seuls, faut qu'ils aillent pomper sur ces fumeurs d'herbe là... qu'étaient pourtant pas méchants avant... Bon Dieu je ne sais pas où on va avec de tels hurluberlus qui se remplissent les poches à rien foutre. Je ne les supporterais jamais. Impossible, pas des crapules pareilles.

L'entretien touche à sa fin, et il me raccompagne chez moi pour faire le point. La radio donne quelques nouvelles, parmi elles la dernière trouvaille de Keith Richards. Qu'est ce qu'il nous a encore sorti l'autre là ? Qu'il a sniffé son père ? Il n'sait plus quoi inventer pour se rendre intéressant c'est pas possible. Ca fait bien longtemps qu'il n'impressionne plus personne, avant il était agaçant, maintenant il est juste ridicule. Juste un déchet humain moribond qui essaie de s'occuper en attendant de crever pour de bon. Y'a plus grand chose qui choque maintenant, alors il peut bien raconter ce qu'il veut j'men balance pas mal. Quand j'vois que même en allant voir un match de tennis à Wimbledon y'a un gugus qui s'amuse à courir à poil... Plus grand chose qui tourne rond...

Nous arrivons chez moi, le journaliste convaincu que je ne fais pas partie de la génération des Stones. Je lui offre un verre de scotch, et me dirige vers sa platine pour y mettre un peu de musique. Il a vraiment l'air surpris en entendant la cithare de "Mother's Little Helper" résonner dans la pièce. Il me demande quel est ce revirement qui me pousse aujourd'hui à écouter Aftermath. Je lui réponds: 
« Comme je vous dis, à l'époque je ne pouvais pas supporter leur musique, rien que de voir de tels vauriens à la télévision ça m'énervait. Mais au final, je me rends compte que 40 ans après, je reviens toujours à Aftermath. Au début je me contentais de taper le rythme discrètement sur le volant de ma voiture quand « Under my Thumb » passait à la radio, il était hors de question que j'assume écouter la musique de ces énergumènes. Mais maintenant qu'on les a oublié, je me dis que c'est bien inoffensif en fin de compte, et les frasques des rockstars, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre... Mais je n'aime que Aftermath, entendons nous bien. Avant, je trouve ça plat, même si j'arrive à les écouter, et après ils se mettent à faire n'importe quoi, et là dessus j'avais raison dès le début. Les pitreries de c'ui qu'est mort jeune là, et leurs albums de soi-disant plus grand groupe rock de tous les temps, ça m'emmerde rapidement...
_Mais laisseriez-vous votre petite-fille coucher avec une rockstar maintenant ?
_ Oh vous savez, ça n'a pas tant d'importance, ma fille a fini par coucher avec Jimmy Page en 1970, alors... »

2 commentaires:

  1. Mon Dieu, possible que tu deviennes vraiment comme ça.

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  2. Oui mais tu vois, il est super aigri au début, mais il s'adoucit à la fin, ou il devient blasé ça dépend comment on voit les choses. Je suis déjà au stade final moi, parce qu'il vit à la même époque que moi.

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