samedi 6 novembre 2010

The Third Eye Foundation - The Dark

Longtemps après avoir fait cette découverte, je me décide enfin à en parler. Matt Elliott, j'en avais jamais entendu parler. Mais j'ai écouté l'album parce que la pochette était saisissante, que le nom me faisait penser à l'Eglise d'Eli dans There Will Be Blood (rien à voir en fait) et puis les tags disaient: "lo-fi, electronica", ça m'intriguait. Bref, autant de raisons qui sont peu de choses vu qu'aucune ne laissait présager le contenu. Ce que j'ai appris depuis, c'est que Matt Elliott est un musicien britannique assez réputé, qui a fait de l'electro sous le nom de The Third Eye Foundation, puis du folk sous son nom de baptême. Et il est pote avec Yann Tiersen, dont il a fait un bon remixe de "La dispute" sur son dernier album electro. Bref, sans le savoir j'écoutais un album attendu par beaucoup de fans, et pas un sombre groupe un peu provocateur sorti de nulle part. 

Depuis, j'ai un peu écouté ce qu'avait fait Matt Elliott avant, et j'apprécie d'autant plus cet album du fait qu'il est assez différent de ce qu'on a pu lui connaître. Déjà par le format. Ici, 5 chansons, et une seule en dessous de 5 minutes. Ça implique une façon d'écouter particulière, on sait que l'artiste va prendre son temps, et qu'il faut appréhender les chansons sur la longueur. En plus, après avoir écouté une première fois l'album, je me rends compte que les 4 premières chansons ne sont en fait que des mouvements d'une pièce bien plus longue. Les changements et les variations se font donc très subtilement et tout l'album est de ce fait très homogène. On en garde toujours un vague souvenir d'une ambiance plus que de passages particuliers. Et pour un musicien réputé "dark", qui sort un album intitulé The Dark, je considère que c'est une réussite d'avoir su créer à si grande échelle une ambiance incomparable. Ensuite, la musique en elle même est différente, du fait du format. Les beats sont moins rapides et frénétiques, ils servent ici davantage à installer un rythme répétitif hypnotique, que l'on ressent surtout dans ce que je considère comme le climax de la première partie de l'album: "Standard Deviation", qui porte à leur apogée ce que "Anhedonia" ne faisait que présager.

Il est presque impossible de discerner les bruits dans cet album. On entend parfois un son vaguement electronique, des chants choraux sans paroles, mais il y a tout un bruit de fond qui nous échappe, et qui pourtant s'installe de manière sensible. Matt Elliott construit un monument qui nous dépasse, et en change la direction une fois que l'on a plongé dedans, ce qui nous déstabilise et rend la musique encore plus insaisissable. Les samples de musique classique et les accélérations successives de "Pareidolia" marquent une seconde partie plus décousue et plus variée. The Dark se fait moins ambiant et plus agressif, et "Closure" finit la pièce en grande pompe, à grands renforts de bruits stridents et de beats de plus en plus violents. Il nous laisse assommé, après un voyage éprouvant mais intense. Et là dessus, "If You Treat Us Like Terrorists, We Will Become Terrorists", un morceau un peu à part et plus "classique" par rapport aux précedents opus, nous reprend assez violemment et sonne comme une prophétie apocalyptique après la grande épopée des morceaux précédents. Déchainé, ce morceau ne fait que prendre de l'ampleur sans jamais sembler s'arrêter, et lorsqu'il le fait, c'est encore une fois de manière assez brutale.

The Dark est un album qui ne fait pas de cadeaux, et qui ne se laisse pas apprivoiser facilement. Mais pour peu que l'on parvienne à y plonger, c'est une formidable expérience sonore et sensorielle qui nous attend, et à coup sûr une très bonne nouvelle pour les fans de Matt Elliott. Assez original dans le paysage de la musique électronique actuelle, étant peu novateur techniquement et œuvrant surtout sur l'ambiance, The Third Eye Foundation prouve néanmoins qu'il faut encore compter sur lui pour mettre une bonne paire de claques aux amateurs de voyages électroniques mouvementés.







Le même effet pour Marsu de Little Reviews et Sfar de Toujours un coup d'avance.

1 commentaire:

  1. Merci pour le lien. J'ai réciproqué. Par principe amical et civilité bloguistique, mais aussi parce que j'aime montrer que cet album subjugue du monde!
    ;-)

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