jeudi 18 novembre 2010

Tyvek - Nothing Fits

Normalement aujourd'hui j'aurais dû vous faire une chronique d'un concert de Ty Segall, mais je l'ai malheureusement raté. Mais je reste dans le même domaine en vous parlant de Tyvek, un groupe de garage de Detroit, et j'en viens à me demander s'il n'y a pas une réelle pression sociale là bas, pour qu'ils en viennent tous à faire ce genre de musique. Que j'aime beaucoup par ailleurs, mais on en reparlera la semaine prochaine. Je n'ai pas grand chose à ajouter sur ce groupe, si ce n'est que Nothing Fits est leur deuxième album, et que leur caractéristique majeure est de faire très peu de morceaux dépassant les 2 minutes, ce qui pourrait être influencé de Ty Segall, lui même influencé par Jay Reatard, parce qu'à Detroit on pratique un garage un peu moins furtif en général.

Bon, il faut mettre les choses en place dès le début, quand on fait du garage, la seul préoccupation est de tout faire très vite et très simplement. Il faut accrocher rapidement l'auditeur, et garder le même rythme pendant 2 minutes. D'aucuns diront que c'est pas bien compliqué. Je ne suis pas d'accord, car en 2 minutes, il faut pas louper l'intro, sinon c'est foutu. Et Tyvek, pour ne pas prendre de risque, donne dans le classique, une bon "1, 2, 3, 4" des familles pour démarrer l'album, un accord lâché sur une batterie qui donne le tempo, et on balance le chant absolument dégueulasse, autant dans la façon de chanter que dans l'enregistrement, et je pense que l'un entretient l'autre. Et des "Woh ohoh" pour garder la pêche, un petit passage de solo pas compliqué mais dans le rythme, on finit par un refrain avec une batterie qui s'excite, un accord et basta. Pas compliqué en effet. Mais avec si peu de moyens, il faut être plein de ressources pour réussir à faire une bonne chanson, et c'est tout le talent de Tyvek, qui à la manière de Ty Segall justement, sait prendre ce qu'il faut dans la pop pour que son album produise l'effet d'une suite de décharges électriques, et pas d'un long crépitement qui finit par énerver. 

Cependant, Tyvek est beaucoup plus punk que leur compatriotes et que ce qui se fait en garage en général, le groupe met plus l'accent sur l'énergie du hardcore à la Minor Threat que sur le rock n' roll saturé des Sonics. On ne peut qu'en être convaincu avec le début de l'album qui enchaine les brulots extrêmement saturés, avec peu de répit, à l'image du survolté "Future Junk" et du classique "Nothing Fits". Mais il serait dommage de les réduire seulement à ça, et ils perdraient un peu de leur intérêt, et ce sont les morceaux plus longs qui permettent de mieux avaler tous les morceaux courts qui sont autour. "Outer Limits" est deux fois plus long que ses congénères, et montre une facette un peu plus travaillée d'abord, pour finir par du bruit très expérimental -même si ce terme est trop pompeux pour coller au groupe. "Underwater 2" fonctionne de la même façon, avec des instruments qui prennent plus leur temps et sonnent moins brouillons. 

Mais qu'on ne se trompe pas, ce qui fait avant tout la force de Tyvek, c'est ce côté brouillon et incandescent omniprésent, mais il faut avouer que ce sont les morceaux un peu marginaux qui permettent de donner à l'album un statut un peu supérieur à celui de simple petit album de punk Kleenex. Les morceaux punk n'en sont pas moins punk et moins intéressants, ils bénéficient juste de l'évidence d'un travail sur la musique visible dans les morceaux plus calmes, preuve que Tyvek est plus qu'un groupe de plug & play facile et négligeable. Non, Tyvek a bel et bien des choses à dire, c'est juste qu'il préfère les hurler.






Découvert chez Marsu, pour ne rien changer.

2 commentaires:

  1. J'espère aller voir Ty Segall lundi prochain à Cologne. Je ferai rapport! Merci pour le lien! Je contre-linke car tu es bien plus précis et dissert que moi...
    ;-)

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  2. Je l'ai téléchargé parce qu'il y a une nana presque à poil dessus.
    Pas encore écouté par contre.

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