mercredi 10 novembre 2010

The Warlocks @ L'Ubu, Rennes

Même si je connais peu les Warlocks, l'occasion de les voir pour pas cher à Rennes était trop rare pour la laisser passer. Pour présenter rapidement le groupe, les Warlocks c'est surtout un leader, Bobby Hecksher, un gars un peu serré dans son T shirt avec des cheveux gras. Les membres autour n'ont pas cessé de changer, à la manière du Brian Jonestown Massacre autour de Anton Newcombe. Ce n'est d'ailleurs pas une coïncidence, Bobby ayant fréquenté pendant un moment la nébuleuse du BJM. La recette des Warlocks est assez simple, c'est un habile mélange de new-wave, de rock psychédélique et de shoegaze. En gros ils font pas mal de bruit. Mais contrairement à My Bloody Valentine par exemple, le son n'est pas bourré d'effets et ils ne prétendent pas faire de la pop. Non, les Warlocks aiment les morceaux lents, lourds avec un combo rythmique constant qui impose un rythme martial.

Enfin, c'est l'image que j'avais d'eux avant le concert, ayant écouté en boucle Heavy Deavy Skull Lover pendant un période. Une recette un peu simple et répétitive, mais une recette qui marche. Et les voir en concert était l'occasion de vivre cette expérience sonore, même si j'ai déjà vu My Bloody Valentine et A Place to Bury Strangers, je ne suis plus un puceau de l'apocalypse. Le groupe arrive, et je sens déjà que je vais en prendre pour mon grade. Trois guitaristes, et chacun une guitare à demi-caisse, le genre de trucs qui hurle très vite si on fait pas attention. Le premier morceau arrive, du grand classique, et on se rend compte qu'en gros, il y a un guitariste qui s'occupe de la mélodie, les autres font du bruit. Tendance drone mur de son ou tendance cris stridents façon Jesus and the Mary Chain. C'est très lourd, très violent, et très shoegaze en fait. Mis à part la batterie qu'on penserait piquée au Black Angels, le reste n'a pas vraiment cette ambiance psychédélique qui faisaient d'eux un groupe original, pour des simples maçon sonores. 

Et après quelques morceaux comme celui-là, le groupe entonne quelque chose d'assez surprenant, une série de morceaux rock, voire rock n' roll, en plus bruyant bien sûr, qui ont fait pogoter toute la salle (et qui m'ont fait me péter la gueule, parce que quand on veut reculer et qu'il y a une marche derrière, on tombe). Ces morceaux avaient beau être entraînants, et bien menés, je ne pouvais pas m'empêcher d'être un peu déçu. Bobby Hecksher a changé. Maintenant quand il joue il a l'air heureux, il sourit sans cesse, il remercie le public d'être cool, et il prend son pied à jouer du rock n' roll. Le gars un peu emo qui partait dans de longues envolées psychédéliques, et dont le mal-être ne semblait avoir comme équivalent que la violence sonore de sa musique, lui, il s'est assoupi. Bien sûr, ces morceaux sont toujours là, et ils les jouent toujours très bien, mais on sent que le groupe est passé à autre chose. On leur en voudrait presque d'être heureux et de ne pas être des rock stars infâmes qui vous crachent à la gueule en sortant des morceaux apocalyptiques d'une dizaine de minutes.

Au final ce fut assurément un bon concert, mais pas celui auquel je m'attendais. Et derrière la joie d'avoir vécu 90 minutes de bon rock et de gros son avec son lot de bidouillages expérimentaux, se cache une réelle déception de n'avoir pas assisté tout à fait à ce qui me frappait tant sur Heavy Deavy Skull Lover, ces morceaux lancinants et violents, qui m'aurait mis à coup sûr en transe si je les avais vécu en direct. Et j'en viens à la même conclusion que certains ont eu sur Trent Reznor: des fois on aimerait que nos artistes préférés restent névrosés toute leur vie, si c'est pour continuer à produire de la musique profondément touchante. Mais tout le monde change.

5 commentaires:

  1. Ils n'ont plus deux batteurs?
    Je les avais vus dans une telle configuration il y a quelques années et ils avaient un côté de fusion entre le Velvet et Hawkwind. C'était très puissant et paroxystiques. Mais je crois qu'ils ont beaucoup évolué...

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  2. En effet, ils avaient deux batteurs à la base, mais maintenant il n'y en a plus qu'un. Et il était nouveau, il lisait encore les partoches!

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  3. Je les ai vu à Lille il y a quelques jours, j'avoue que j'ai été un peu déçue... Je crois que je m'attendais à avoir une claque, parce qu'en live, vu les musiques, ça devait être quelque chose de génial, avec des arrangements etc... Finalement, j'ai trouvé beaucoup de bruit, et un manque de classe...

    ... j'avais vu la semaine précédente "Tame impala", et c'est là que j'ai trouvé ma claque. Si tu ne connais pas, je ne peux que te le conseiller, c'est le truc le plus génial que j'ai pu écouter depuis au moins un an. Il y a de l'avenir.

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  4. Ouais j'ai écouté Tame Impala, je trouve ça franchement pas mal, mais pas supérieur ou plus original que ce qui peut se faire dans le même genre. Mais cette année, c'est eux qui sont au top dans le genre rock revival 70's.

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  5. J'avais écouté l'album 3-4 fois avant, mais tame impala est surtout un groupe à voir en live.

    J'ai trouvé ton blog par hasard, je vais continuer à venir, j'ai déjà fait ma liste des choses à écouter!

    Tu dois certainement connaître The Black Keys, mais connais-tu leur collectif nommé "Blakroc"? Ôn peut trouver une ressemblance avec le dernier Gorillaz dans le sens où ils invitent des rappeurs etc à se joindre sur leurs chansons, tout en gardant leur marque de fabrique... Vraiment pas mal.

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