lundi 13 décembre 2010

Transmusicales de Rennes: Belone + Ava Luna + WU LYF @ Salle de la cité


 Quand on habite à Rennes, les Transmusicales c'est un peu l'évènement de l'année. Le festival pointu qui déniche chaque année des groupes qui explosent l'année d'après, ça donne toujours envie. Je n'ai pas pu assister à la grosse partie du festival cette année, donc je me suis contenté d'une portion, mais que j'ai soigneusement choisie.

Au départ, le premier concert devait être celui de Pigeon John, une groupe de hip-hop underground américain, plutôt sympa d'après ce que j'ai pu entendre. Mais pour cause d'excès de vitesse, le chanteur est interdit de sortie des USA, et n'a donc pas pu venir (tu parles d'un pays de fous...) C'est donc Belone, une groupe pas loin d'ici (St Lô en Normandie), qui l'a remplacé au pied levé. Les Transmusicales sont réputées pour leur surprise, et c'en était déjà une bonne. A la place d'une groupe de hip-hop américain on te cale un groupe de pop rock français. Autant dire qu'il y a en avait qui tiraient un peu la gueule. Le groupe commence donc par un intro pour s'approprier la salle, ce qui a eu le mérite de réchauffer quelques uns. Et c'est une bonne surprise au final, car je n'ai cessé de craindre le moment où Belone allait lâcher prise, le moment où on se dit "Bof", et il n'est jamais venu. Pas que le groupe soit d'une originalité epoustouflante, mais ils savent faire de bonnes chansons et les mener rondement en concert, et ça faisait plaisir à voir. Musicalement, on lorgnait tantôt du côté d'Arcade Fire, de Modest Mouse ou of Montreal, voire The Bewitched Hands pour rester en France. En bref, que du bon et ça faisait bien plaisir.


Ensuite vient Ava Luna, de Brooklyn, NYC, premier concert en Europe. C'est marrant, on me l'aurait pas dit je l'aurais deviné. A Brooklyn ils seraient prêt à tout pour paraître novateur. En l'occurrence, Ava Luna est un groupe basé autour de trois éléments: un combo rythmique basse/batterie/claviers qui balance un groove electro bien gras, un chanteur qui chante comme Prince et danse comme Ian Curtis, et surtout un choeur composé de trois demoiselles. Ce groupe pour le moins étrange est vraiment difficile à cerner. D'un côté on a la musique qui nous donne envie de pogoter, de l'autre on a une chorale qui donne plus envie de claquer des doigts. En bref, la réussite de ce matériau composite dépend vraiment de la chanson. Sur certaines on ne sait plus où donner de la tête. Sur d'autres tout s'imbrique parfaitement. En tout cas, le chanteur avait l'air réellement soucieux de tout faire fonctionner, et le rappel en guitare-voix, un peu mal à l'aise, était très touchant. A suivre donc, même si la musique peut paraître artificielle.

Et là le clou du spectacle, en tout cas pour moi: l'arrivée des anglais de WU LYF. Je résume rapidement la situation, WU LYF est un groupe principalement connu pour le fait que personne ne sait rien d'eux. Ils ont créé le buzz cette année en publiant des chansons d'une puissance rare, sans que personne ne sache quoique ce soit sur leurs auteurs, jusqu'à ce qu'ils fassent un concert au Midi Festival qui a commencé à lever le voile. C'est donc une tension palpable qui reignait dans la salle à ce moment: "A quoi ils ressemblent ?" Ahah, bonne question. Quand je les ait vu j'ai failli me marrer tellement j'ai pensé "Ah bah j'comprends pourquoi ils se cachent." N'y voyez pas de mauvais esprit, c'est simplement que ces quatre anglais n'ont absolument rien de rock star. Entre le bassiste mal dégrossi qui ressemble à Josh Homme avec 20 ans de moins, T-shirt sans manches, pieds nus, sapin de Noël sur le bras, et le batteur taciturne, un air de geek avec un T-shirt Daniel Johnston, on est loin du phénomène hype qui gère son look à fond comme on peut en avoir ailleurs. Il y a seulement chanteur, grand et mince, slim et veste en jean avec un faux air de James Dean qui a la gueule de l'emploi. Ça fait une drôle d'impression, ça brise un peu le mythe qui avait commencé à se bâtir autour d'eux.

"Seront-ils à la hauteur ?" Eh bien, quand ils ne jouent pas, on dirait une bande de gamins qui ne pensent qu'à faire des blagues potaches, sans trop savoirr ce qu'ils foutent là, mais dès qu'ils s'y mettent, c'est tout autre chose. Il faut mieux savoir à quoi s'attendre, parce que la voix du chanteur fait un choc. C'est un hurlement, un gémissement viscéral, qui vous frappe sans prévenir ce que peu de choses parviennent à atteindre. WU LYF a su créer un son, une identité musicale très marquée avec bien peu de choses. Quand on les voit, quand on voit leur instruments, on ne s'attend pas à ça. Si je devais détailler, je dirais qu'il y a à la fois cette batterie violente qui sert davantage à mettre la pression qu'à tenir le rythme, mais aussi cette guitare venue d'ailleurs, au son diffus mais tellement présent, et puis une basse agile qui meuble tout ce nuage sonore. Mais WU LYF c'est surtout une manière d'interpréter ses chansons, magistrale, par à coups, progressant toujours de manière inattendue, et maitrisée de bout en bout. C'est terrible de voir ce groupe a priori insignifiant parvenir à créer un tel son, qu'on ne qualifierait pas d'original à première vue, mais qu'on n'est pourtant incapable de décrire, ou même simplement de saisir.



C'est donc une excellente surprise, ou plutôt une rassurante confirmation que ce concert de WU LYF qui montre qu'il mérite son buzz et les louanges qu'on tient à son égard. Quand on voit ces quatre gars là jouer en live, il est évident qu'ils font partie de ces groupes qui ont trouvé la clé pour dire des choses comme personne d'autres, et c'est définitivement un espoir pour les années à venir. Je ne peux cependant m'empêcher d'être déçu par leur attitude assez peu enthousiaste en dehors des chansons, qui cassait l'ambiance créé quand ils jouaient. M'enfin, je suis bien content de m'être dit que, quitte à n'aller qu'à un concert des Transmusicales, autant aller à celui qui les représenterait le mieux: mystérieux, étrange mais génial.

A lire également sur alter1fo, qui sont d'accord avec moi, même sur le style du groupe, ou chez les Inrocks, tout pareil. Not for Tourists pour des infos un peu plus précises et éclairantes, et enfin Ricard S.A. Live Music pour des vidéos!

1 commentaire:

  1. Bonjour bonjour !
    Que diriez-vous de découvrir un nouvel artiste ? Brad Scott était le bassiste de Bashung et de Arthur H. Il sort aujourd'hui son premier album : Brad Scott 1er. Un format rock très sympa ! Auriez-vous une adresse mail sur laquelle je pourrais vous envoyer prochainement un EPK et un communiqué ? Merci d'avance et très bonne journée à vous ! Amandine.

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