samedi 15 janvier 2011

Destroyer - Kaputt

Ce début d'année 2011 révèle mes lacunes, car une fois de plus, et sans doute pas la dernière, c'est un groupe que je n'ai jamais écouté qui sort un nouvel album. Destroyer est mené par Daniel Bejar, que l'on connait notamment pour avoir collaboré au sein des New Pornographers, et qui a créé un groupe du nom de Swan Lake avec des membres de Frog Eyes et Wolf Parade. De tout ce name dropping, je ne connais rien. Ecouté vite fait chacun, un peu accroché aux New Pornographers, et le reste pas tellement. Mais zut, faut bien se lancer des fois, on peut avoir de bonnes surprises. Et ce Kaputt, qui reçoit pour l'instant un accueil plutôt favorable était une bonne occasion de se lancer dans l'univers du bonhomme, assez important dans le milieu indie canadien tout de même.

Le son de ce Kaputt est très rapidement surprenant, et c'est même ce qui m'a le plus marqué, même après plusieurs écoutes. Toujours ce son si particulier. Et pourtant, je ne l'ai pas tellement apprécié. Ce "Chinatown" avec sa batterie réverbérée, son ambiance éthérée et ce saxo qui s'enflamme de temps à autre, tout ça ne me rappelle que de mauvais souvenirs de morceaux variétés des années 80. (En fait je pensais surtout à "Baker Street" et c'est de 1978. Je suis méchant, on n'en est tout de même pas rendu là). Je dis "variétés" dans le sens où on trouve vraiment plein de styles différents dans ce Kaputt. Un peu d'electro, un peu de jazz, un peu de rock. Mais surtout de la pop en fait. Toutes ces chansons sont très douces et leurs mélodies sans âge donnent à tout l'album une atmosphère très agréable, et je dois admettre qu'une fois lancé, les 50 minutes de l'album passent très vite, malgré quelques chansons qui souffrent de longueurs, comme "Suicide Demo for Kara Walker", dont l'intro m'est apparue bien dispensable. Il y a un côté variété qui renvoie à la période berlinoise de Bowie, ainsi le rythme d'intro de "Song for America" m'a rappelé le fameux "Sound and Vision".

Cependant, Kaputt contient également l'autre pendant du sens de "variétés", celui qui consiste à aseptiser tous ces genres abordés, pour garder au final des chansons toutes très bien ficelées, très bien agencés et agréables et tout ce que vous voulez, mais un peu plates, qui manquent de vie, comme de belles coquilles vides. Je pense par exemple à ce "Savage Night in the Opera", qui a tout d'une bonne chanson pop, mais qui ne parvient jamais vraiment à vous faire décoller le coeur, jusque dans son solo de guitare tout ce qu'il y a de plus gentil et inoffensif. Alors bien sûr, ce n'est sans doute pas la volonté de Dan Bejar et faire une musique plus agressive, et il serait mal venu de le lui reprocher, mais tout de même, on ne peut s'empêcher de trouver tout ça un peu mou. Et puis ce son, toujours ce son. Je n'ai pas pu m'y faire, tous les instruments jouent dans un registre qui a perdu toute valeur à mes yeux depuis longtemps.

Alors que dire au final d'un album qui n'est objectivement pas dénué de qualités, mais qui ne parvient pas à toucher sa cible ? Et bien pour ma part, je laisse à d'autres le loisir de l'apprécier, mais moi je passe mon chemin sur ce coup-ci, même si je n'ai pas le coeur d'enfoncer cet album dont la conclusion "Bay of Pigs" est tout même assez réussie par moments. Un entre-deux donc, le genre de choses qui ne provoquent ni répulsion ni attachement, juste rien. Dommage.



A lire également chez Little Reviews, car Mmarsup a bien plus apprécié que moi, et chez Brainfeeders & Mindfuckers.

2 commentaires:

  1. Une fois encore même conclusion que toi. Tout ça est bien propre, bien joli mais trop retenu. Il y en a qui s'en contente, moi pas.

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