samedi 22 janvier 2011

The Joy Formidable - The Big Roar

Il y a des groupes comme ça qui prennent leur temps, qui ne sont pas pressés. C'est assez rare il faut l'admettre, à une époque où tout va si vite que si vous mettez plus d'un an à sortir un album après un EP, vous pouvez être devenu has-been entre les deux. The Joy Formidable ne semble pas se soucier de ça. Actif sur scène depuis presque 5 ans, ils se font remarquer avec l'apparition de leurs single dans la série Skins (le Newport Beach anglais pour le choix toujours très bon des musiques). S'ensuit un EP il y a 2 ans, et enfin maintenant, l'album. En plus, ils se permettent de donner un mois d'avance aux anglais par rapport aux européens (quoi ? la Grande-Bretagne n'est pas en Europe ?). La magie d'Internet abolit les frontières de toute façon. Durant tout ce temps, ils ont eu le temps de devenir "next big thing" et d'être oubliés. Alors, ça donne quoi cet album si long à réaliser ?

Le moins qu'on puisse dire, c'est que le temps qu'ils ont pris à enregistrer a été mis à profit. La production est plutôt bonne, autant dans le son que dans la structure des morceaux qui sont tous très bien ficelés, et il y a vraiment cette impression qu'ils donnent tout ce qu'ils ont à donner. The Big Roar commence par un long morceau "The Everchanging Spectrum of a Lie", qui a tout ce qui faut pour séduire l'amateur de rock moyen. Un côté un peu arty avec l'introduction bruitiste, un son bien travaillé avec toujours la voix de la chanteuse qui porte, et une montée de tension qui explose avec du gros son, en apothéose. Je dois dire que pour un album qui a été si peaufiné, j'aurais été déçu de ne pas y trouver une bonne dose de grandiloquence. En une chanson, le ton est donné, The Joy Formidable est un groupe de rock qui aime bien faire du bruit comme des rockeurs, avec genre des passages basse et guitares à l'unisson. Les refrains sont tous énormes, j'imagine bien le concert avec des dizaines de boutonneux devant à le reprendre en choeur.

Et puis le groupe a déjà ses tubes incontournables, du genre qui vous restent en tête longtemps, qui pourrait tourner en rotation lourde à la radio. "Austere" est un de ceux là, qui bizarrement n'a pas grand chose à voir avec le reste, du moins au début avec ses choeurs qui vont bien, et qui finit comme la plupart des chansons, en fanfare, ça tape de partout, ça vrombit, c'est comme du AC/DC version actuelle. Bon, tout ça est très bien, musicalement ça tient debout, mais il y a un gros truc qui cloche. Ce truc, c'est que quand même, en écoutant, on est pris dans l'ambiance adolescente et tout, c'est comme réécouter ses groupes de jeunesse, mais du coup on ne peut s'empêcher de penser que c'est pas vraiment pour nous. C'est là que The Joy Formidable est assez intéressant, dans cette manière de faire de la musique pour adolescent, avec tout ce que ça implique de riffs, de refrains en choeur, d'hymnes de jeunesse et tout, mais de le faire de manière un peu pompeuse, contrairement aux groupes potaches qu'on connaissait avant (je suis de la génération pré-My Chemical Romance). 

The Big Roar n'est donc pas tellement mauvais, mais disons que tout ce bruit finit par être agaçant, et qu'au delà de quelques singles porteurs ("Cradle"), l'album est conçu comme n'importe quel album du genre, avec beaucoup de chansons énervées, quelques passages calmes, quelques passages plus "expérimentaux" pour faire genre, et puis voilà. En gros, on tient ici le chaînon manquant entre le rock mainstream californien et le rock prétendu indie anglais. Donc un groupe de rock qui a habilement dosé entre grandiloquence travaillée et spontanéité de jeunes rockeurs, pour créer quelque chose d'assez difficile à saisir malgré un fond assez simple. Je salue donc l'exploit, The Joy Formidable pourrait bien être le "next big thing" dans les high-schools d'outre-Manche, mais pas chez moi.




2 commentaires:

  1. A priori, j'apprécie un peu plus que toi. Mais à vérifier avec des écoutes plus nombreuses..
    :-)

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  2. le disque n'a fait qu'un court aller et retour dans mon lecteur cd. N'ayant jamais aimé les Cranberries et les formations du même genre, je me voyais mal accrocher à ce groupe. bon j'ai fait l'effort, jusqu'à la moitié mais après c'est au-delà de mes forces.

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