vendredi 4 février 2011

Agoria - Impermanence

Je n'avais pas prévu de parler de ça aujourd'hui, mais comme ça fait longtemps que je n'ai pas parlé de musique électronique, et que j'aime bien ne pas perdre une occasion de parler des artistes de chez nous, here I am. Agoria est le nom de scène de Sébastien Devaud, lyonnais signé sur le label InFiné qu'il a crée. Label notamment connu pour son quatuor des A, à savoir Apparat, Arandel, Aufgang et donc Agoria. Je vous le dis tout de suite, même si Agoria est relativement connu pour les amateurs d'electro, c'est pour moi une découverte. D'ailleurs, il est probable que s'il avait été anglais, je n'aurais sans doute pas cherché à l'écouter, étant donné qu'il évolue plutôt dans le domaine de la techno et de la house, deux genres qui ont tendance à ressurgir actuellement, mais pour lesquels je n'ai jamais eu d'affinité particulière.

Et, comme si Sébastien Devaud savait avec quel a priori j'allais écouter son album, il décide d'entrée de jeu de tordre le cou à mes préjugés avec "Kiss My Soul", qui n'a absolument rien à voir avec ce à quoi je m'attendais. La chanteuse américaine Kid A est accompagnée par un piano pour une chanson d'ouverture autant touchante que surprenante. Cette plongée dans l'album nous donne un angle de vue particulier sur la musique d'Agoria et permet d'appréhender Impermanence d'une autre manière que pour n'importe quel album d'electro. Il revient petit à petit dans son univers électronique avec "Souless Dreamer" qui crée petit à petit un rythme qui parvient enfin à nous ramener aux effluves du dancefloor. A partir de là on entre de plein pied dans le noyau électronique de l'album. Mais cette ouverture originale a sans conteste influé sur la façon dont on l'apprécie. L'ambiance n'est pas tellement au mouvement décérébré pour se vider la tête, mais à une communion plus intime avec le son. Le rythme et les mélodies de "Panta Rei" sont contrebalancés par l'interlude expérimental de "Simon" ou "Under the River".

La musique ne touche pas que nos sens, mais nous parle, au sens propre comme au figuré. Dans "Speechless" on se laisse aller au rythme mécanique et répétitif, pendant que Carl Craig nous susurre des paroles qui invite plus à une écoute en tête à tête avec la musique qu'à un son pour faire danser la foule. De même avec la réapparition de Kid A dans "Heart Beating", morceau très minimaliste qui nous renvoie une fois de plus à cette ambiance touchante développée dans Impermanence. Alors bien sûr, Agoria conserve quelques aspects très minimalistes, venant de son influence principale qui est la techno de Detroit, et on le ressent avec l'ouverture de "Grande Torino", qui parvient néanmoins à devenir très attachant par la suite. Il en va de même avec "Little Shaman" avec sa succession de montée qui peuvent être agaçantes si l'on est pas bien plongé dans le morceau. On est ici face à des morceaux qui prennent leur temps, qui savent faire durer le plaisir sans pour autant traîner à faire évoluer le morceau pour l'aboutir complètement. Sans doute est cela que l'on appelle la deep house, et même si la concurrence est rude dans ce domaine, je dois admettre que Sébastien Devaux s'en sort tout à fait bien dans ce style.

Impermanence est donc un album qui sait créer une ambiance originale et singulière, ce qui renouvelle la façon un peu rouillée qu'on pouvait avoir d'écouter ce genre de musique électronique. Si les morceaux purement électroniques ne sont pas particulièrement innovants, ils n'en restent pas moins bons et même captivants à l'image de "Libelules" qui conclut l'album. Au final, ce n'est donc pas tant la qualité intrinsèque de chaque morceau qui frappe, mais bien l'atmosphère que parvient à dégager l'ensemble. Plus que l'inventivité que l'on exige souvent des musiques électroniques, c'est la façon de faire et l'idée générale que je salue le plus dans Impermanence, qui montre que nos DJ savent se démarquer de leurs homologues anglo-saxons.






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