jeudi 10 février 2011

The Streets - Computers and Blues

J'ai un rapport assez particulier au hip-hop anglais, et à The Streets en particulier (je ne considère pas tellement Jamie T comme du rap, et je connais peu Dizzee Rascal). D'un côté, je nourris une très grande affection pour l'accent anglais depuis que j'ai entendu la voix de Damon Albarn dans "Parklife", et donc j'adore le flow de Mike Skinner, parce que rapper avec un accent pareil c'est la meilleure idée qu'un anglais puisse avoir. D'un cautre côté je n'ai jamais accroché aux albums de The Streets, auxquels j'ai toujours reproché un cruel manque de rythme et de cohérence. Quelques chansons ici et là, mais guère plus. Mais, persévérant, je poursuis mon effort avec Computers and Blues, qui sera le dernier album de Mike Skinner sous le nom de The Streets. Pour entendre sa voix surtout, et puis peut-être pour me faire surprendre, sait-on jamais.

Peu aventureux, Mike Skinner commence avec un titre relativement classique, avec l'instru funky cool qui va bien, et le refrain qui reste bien dans la tête. J'avoue cependant que l'intro de ce "Outside Inside" a failli me donner envie de zapper dès le début. Et il fait bien de ne pas trop brusquer l'auditeur, car la suite n'est pas toujours très enthousiasmante, et ne donne pas une très bonne image globale de ce nouvel album. En ce qui me concerne il faudra attendre "Without Thinking" pour être à nouveau charmé par une chanson. On reste dans la simplicité, avec quelques boucles pop pour faire passer les attaques du refrain qui sont les rares moments où Skinner hausse un peu le ton dans l'album, ce qui est quand même dommage pour du hip-hop. Et ensuite, c'est encore une fois le rythme funky de "Trust Me" qui nous sortent un peu de la torpeur dans laquelle cet album nous a plongé. Ce n'est pas que les morceaux soient tous à jeter, c'est que les passages qui devraient accrocher le plus l'oreille, les intros, les instrus des couplets ou les refrains, tout ça est d'une qualité très inégale. Il n'y a pour ainsi dire aucun morceau qui parviennent à réunir tout ces éléments ensemble.

Il faut dire aussi que j'ai une sainte horreur de ces refrains r'n'b, voix féminines ou coeur, tout ça pour moi c'est pareil. Et Mike Skinner a la facheuse tendance d'en foutre un peu partout. Parfois je supporte, mais quand c'est utilisé de façon abusive et inutile c'est agaçant. Comment peut-on avoir envie d'écouter "Roof of your Car" après cette introduction horrible, qui est reprise dans le refrain ? C'est la même histoire avec "Those That Don't Know" et ses cris qui polluent le morceau. Je ne vais pas faire l'inventaire sur tout l'album. De manière générale, les refrains sont à jeter, tous aussi insupportables les uns que les autres, clichés de pop/r'n'b radiophonique. Il n'y a qu'à écouter le single "Going Through Hell", qui alterne couplet plutôt bon avec ce refrain... Bref. Je m'attarderais quand même sur le summum: "We Can Never Be Friends" qui cumule paroles peu intéressantes, solo de guitare intempestif et un flow qui se traine un peu. D'ailleurs sur une bonne moitié de l'album le chant de Mike Skinner n'est pas très captivant, alors qu'en général c'est ce qui relève les morceaux. Beaucoup des morceaux dégagent une sorte de lassitude, mais qui ne semble pas volontaire.

Bon, je critique des aspects de la musique de The Streets qui existent depuis le début, donc il y a sûrement une affaire de goût. Mais en réécoutant les autres albums, je trouve quand même que l'énergie et le talent de Mike Skinner était plus régulier. Computers and Blues n'est pas mauvais de bout en bout, seulement les meilleurs moments sont isolés autour de mauvais choix musicaux, nous laissant avec un goût d'inachevé et de frustration. On est face à un cruel manque d'énergie, ou même de vie en général et à un album qui peine à rester attractif sur sa longueur. C'est bien dommage de terminer sa carrière sur un album si "moyen", qui est loin de mettre en valeur ce qu'a pu montrer The Streets par le passé.








En écoute sur Spotify.


3 commentaires:

  1. Replonge-toi dans Original Pirate Material. Je ne m'en lasserai jamais de ce disque. Il y a tout, la percussion du flow, la mélancolie de la pop, la force du hip hop.

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  2. Les début de The Street étaient vraiment pétaradants... ça fait un ou deux albums que j'ai arrêté d'écouter son nouvel album, ça me faisait trop de peine de le voir pontifier comme ça. Non d'ailleurs, ce n'est pas tout à fait vrai, je me rappelle avoir écouté les deux précédents, je viens même d'entrevoir Everything Is Borrowed juste à ma droite dans la pile hip hop. Mouais.

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  3. En fait quand je réécoute les deux premiers albums, je trouve vraiment des qualités, même si c'est toujours pas tellement ma tasse de thé. Et on les sent encore un peu dans ce dernier album, mais faut les chercher quoi... Le flow est rarement percussif, et il n'y a plus grand chose de la force du hip-hop. Ca aura au moins eu le mérite de me faire redécouvrir les premiers albums sous un meilleur angle.

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