vendredi 4 mars 2011

Holiday Blues pt. III: See That my Grave is Kept Clean

Je voulais vous parler du blues après les années 70, mais malheureusement je ne trouve pas ce que je cherche. Faisons quand même. Blues et Blues-rock ont eu tendance à se confondre pendant un moment, à tel point qu'il a fallu attendre l'unplugged d'Eric Clapton en 1993 avant que les gens ne se souviennent qu'il y avait eu autre chose avant. Je caricature bien sûr, mais comme beaucoup de genres, le blues n'a pas tellement bien vécu les années 80, et ce n'est pas le hard-blues de Gary Moore (récemment décédé, mais quand même) qui viendra me contredire. Les évolutions les plus convaincantes du blues sont à chercher selon moi dans son métissage avec les "musiques du monde". Avec le malien Ali Farka Touré par exemple, qui a enregistré un album avec Ry Cooder en 1994, Talking Timbuktu, que certains connaitront peut-être pour "Ai Du" dans L'auberge espagnole. Mais Ali Farka Touré fait du blues depuis plus de 30 ans, et Ry Cooder depuis plus longtemps encore.

J'aurais voulu en parler plus longuement, mais je ne trouve rien à partager, si ce n'est l'album sur Spotify. Un mot sur Ry Cooder quand même, surtout connu pour la BO de Paris Texas, pour laquelle il s'est inspiré de "Dark Was the Night, Cold Was the Ground" de Blind Willie Johnson, comme quoi on retombe toujours sur ses pieds. Mais il a aussi collaboré au premier album de Captain Beefheart ainsi qu'à la renaissance du Buena Vista Social Club dans les 90's. Sinon, il y a pas mal d'autres choses, comme Popa Chubby qui mélange le blues avec pas mal de choses, ou John Mayer qui fait du blues pour groupies, ce qui a le don de me faire soupirer. Bref, trèves de paroles, je laisse la place à Peter Green pour un blues tardif de 1979 qui reste pourtant d'une saveur exceptionnelle:



Et puis quelqu'un qui a fait beaucoup pour la redécouverte du blues chez le grand public, à savoir Jack White. Au delà de ses morceaux blues avec les White Stripes (particulièrement sur De Stijl), ce gars-là fait rayonner la musique traditionnelle américaine à travers tout ce qu'il fait, en tant que musicien et producteur. Sans doute très agaçant pour les puristes, il n'en reste pas moins intéressant, et plutôt bon bluesman, dans un genre que je qualifierais de Delta Blues Raw Power. Je vous laisse apprécier la finesse de mon néologisme avec un morceau du monsieur, que je n'aime pas particulièrement parce que Jack n'a fait que réinterpréter "Ball and Biscuit" en jouant tout seul, mais qui n'en reste pas moins sympathique, et représentatif de son talent:



Et puis je suis un gros fan de Jack White, même si c'est pas facile tous les jours. Et pour approfondir tout ce qui ce fait en blues en ce moment, et même pour redécouvrir des choses pas forcément récentes, consultez Thierry, docteur ès Jazz, Blues & co.

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