mardi 29 mars 2011

The Pains of Being Pure at Heart - Belong

Souvenez-vous le printemps 2009. Ils étaient jeunes, et ils avaient tout pour plaire. Une pochette digne de Belle and Sebastian, une musique très typée mais très attachante, qui faisait le trait d'union entre les Smiths et Jesus and Mary Chain. Et puis, malgré cette britannophilie musicale, ils venaient de Brooklyn, ce vivier d'artistes indépendants à succès sans égal dans le monde. Leur premier album était pétri de tubes, ils réveillaient en nous une mélancolie adolescente dans un tourbillon de guitares qui achevait de nous séduire. On était sous le charme, on les aimait, c'était The Pains of Being Pure at Heart. Ces 2 années sont passées bien vite. Entre temps j'ai dû écouter une centaine de fois « Young Adult Friction », qui sonne à chaque fois comme le souvenir d'une amitié passagère. Et ils nous reviennent aujourd'hui alors qu'on ne s'y attendait pas. Un peu naïvement, je pensais conserver pour toujours la fraîcheur de notre première rencontre. Mais les jeunes de Brooklyn ont décidé de revenir, et d'actualiser notre relation, quitte à faire s'évaporer pour toujours leur candeur d'antan. Belong est là, et déjà je n'aime pas leur nouveau look coloré. Mais je ne dois pas les juger à ça, et j'écoute ce qu'ils ont à dire.

Ils ouvrent la bouche, commencent à parler et je suis rapidement rassuré. Du moins, je l'ai été pendant 12 secondes, jusqu'à ce que j'entende quelque chose qui m'a profondément pertubé. J'ai cru entendre Billy Corgan en fait. Le choc de « Belong » passé, je réfléchis un peu. Non, en fin de compte, peu de choses ont changé. Mais il y a quelque chose de différent. Comme s'ils avaient plus d'assurance. Trop d'assurance en fait. Et tout ce qui faisait leur charme et qui ne tenait qu'à un fil est sévèrement ébranlé par cette confiance soudaine. Bien sûr, auparavant leur timidité était avant tout une posture, mais c'était le genre de jeux visibles qui font sourire et dans lesquels on rentre avec plaisir. Je garde mes distances. Si je perds l'attachement que j'avais pour eux, leur comportement risque fortement de m'agacer, comme il en a agacé plus d'un il y a deux ans. Pourtant, au détour d'une phrase ou d'une expression, je retrouve ces gens que j'avais tant aimé. Il est même frappant parfois de voir autant de similitudes dans leur attitude (« Heart In Your Heartbreak »).

Mais cela ne reste qu'une impression momentanée, qui s'estompe rapidement quand ils se mettent à singer ces groupes des années 80, mais plus tout à fait les mêmes qu'avant. Leurs choix deviennent vraiment douteux, et sont à peine masqués par une insouciance de moins en moins crédible (« The Body »). J'essaye de me dire que ce n'est pas si grave, que tout le monde change et que ça ne m'empêche pas de continuer à les apprécier. Mais il n'y a rien à faire, je suis tiraillé entre un réel scepticisme vis-à-vis de leurs nouvelles lubies (« Girl of 1000 Dreams ») et l'impression d'avoir déjà entendu ce discours là avant, à ceci près qu'il ne produit plus vraiment le même effet deux ans après (« Even in Dreams »). Non vraiment, il est bien difficile de rester là avec eux sans ressentir une certaine gêne, comme si quelque chose avait été brisé, comme si on avait soudain découvert des défauts qu'on avait toujours su présents mais qui ne nous avaient jamais choqués. Le mystère qui faisait tout leur charme est désormais trop visible, et l'on n'adhère plus.

Que faire alors ? Continuer à discuter avec eux comme si de rien était, et assumer d'avoir détruit ce souvenir qui ne manquait jamais de nous décrocher un sourire ? Ou bien s'en aller, nier les avoir revu et retourner consulter les vieilles photos, celles où l'on s'entendait bien, même si on se connaissait peu et qu'on ne savait pas pourquoi. The Pains of Being Pure at Heart sont revenus, et à force de les côtoyer le charme s'est rompu. Ils sont toujours les mêmes au fond, mais on ne les voit plus tellement de la même manière. Mais si on réfléchit, franchement, n'était-il pas évident que ces retrouvailles se passeraient ainsi ? 






A lire également sur Des chips et du rosé et Interlignages. En écoute sur Spotify.


2 commentaires:

  1. à la différence de toi, je n'ai pas non plus aimé le premier LP, le son est différent sur le 2nd, certes, mais la démarche est la même. Ce groupe est sans âme ! Qu'est- ce qu'on attend pour l'oublier au plus vite !! ;-)

    RépondreSupprimer
  2. Leur premier album avait vraiment de bonnes chansons et beaucoup de charme, même si on devinait assez aisément leurs références. Ici, les références perdent un peu de cachet. Je trouve qu'ils avaient vraiment un truc, mais très instable, donc finalement je ne suis vraiment pas surpris de voir qu'ils se sont cassé la gueule.

    RépondreSupprimer