lundi 7 mars 2011

Petites chroniques cinématographiques de retour de vacances

Les vacances, c'est l'occasion de faire une pause, mais aussi l'occasion de revenir en arrière sur des choses que l'on a loupé les années précédentes. Ou, tout simplement, c'est l'occasion de continuer à combler ses lacunes - et Dieu sait qu'on en a toujours quelques unes. Sept films pendant ces vacances donc, avec une majorité plutôt virils et sanglants, compensés par des moments plus calmes, mais pas forcément meilleurs...


True Grit, de Joel et Ethan Coen (2011): J'attendais avec impatience de voir les Coen s'attaquer pour de bon au western, un genre qui leur aurait été à ravir j'en étais sûr. Petite déception au final car les Coen livre un film très académiques, et ne s'approprient réellement le genre que pour le caricaturer, ce qui est toujours très drôle, mais qui au final manque de profondeur. Jeff Bridges et Matt Damon sont chacun excellents mais les personnages ne sont pas aussi développés qu'on pouvait l'espérer. Globalement cela reste très honorable, et certaines scènes sont appelées à enrichir le panthéon des scènes cultes des Coen. En bref, un bon film, mais un petit film dans l'oeuvre du duo.



Gladiator, de Ridley Scott (2000): Un bon péplum qui fait plaisir à voir, même s'il ne se départit pas tout à fait de tous les excès de mise en scène liés à ce genre du grand cinéma hollywoodien. L'histoire contient quelques relents de la bonne morale démocratique américaine qui frôle l'anachronisme, mais dans l'ensemble elle est intelligemment revisitée pour donner au film une profondeur inattendue. Russell Crowe et Joaquin Phoenix brillent chacun dans leurs rôles, grâce aussi à de nombreux seconds rôles faire-valoirs comme il se doit. En tout cas, Gladiator est sans conteste à classer dans les grands films de la décennie passée.

The Wrestler, de Darren Aronofsky (2009): Consciemment ou non, ce film sur le catch avec Mickey Rourke joue la carte de l'opposition entre le sujet et la mise en scène, comme Black Swan. Mais là où ce dernier ratait le coche, The Wrestler dresse habilement une tranche de vie d'un catcheur sur le déclin avec une mise en scène intimiste à mi-chemin entre Sofia Coppola et Gus Van Sant. Un peu cliché du film d'auteur qui tend à ressembler à un docufiction, certainement, un peu trop pathétique parfois, il n'en reste pas moins très touchant et montre des pistes de réflexion réellement intéressantes sur ces métiers où l'âge est un problème, et sur le catch en général, sport pas si grossier qu'il n'y parait.



My Own Private Idaho, de Gus Van Sant (1991): En gros, c'est du pur Gus Van Sant façon film d'art et essai très lent, sauf qu'en plus d'être relativement ennuyeux, la mise en place de l'histoire est tellement longue que le film est totalement abscons dans toute sa première moitié. A cela s'ajoute des moments très agaçants avec des personnages dont on ne comprend pas l'utilité ou la logique de leurs actions, une ambiance pseudo-subversive qui a mal vieilli, et des acteurs pas franchement au top (surtout Keanu Reeves, River Phoenix s'en sort plutôt bien). Bref, pas du tout ma tasse de thé.
  
Kaboom, de Gregg Araki (2010): La posture soi-disant post-moderne du réalisateur ne suffit pas à nous faire apprécier ce film dont la qualité des scènes s'échelonne entre le médiocre et le grotesque. Kaboom n'a de psychédélique que des couleurs criardes, des effets de style ringards et des scènes de cul inutiles. Les dialogues sont affligeants de fausseté et les répliques censées devenir cultes se repèrent à 3 km. Rien ne sauve ce film, si ce n'est la fascination de voir jusqu'où l'histoire allait s'enfoncer dans le cliché (voulu et ironique, bien entendu). Et ce n'est pas le rythme inexistant qui nous aide. Araki ne peut que se féliciter d'avoir volontairement pondu un nanar, mais c'est tout. Et ce n'est pas grand chose.



Juno, de Jason Reitman (2007): Que peut-on reprocher à Juno ? Absolument rien. Juno prétend être un film sympathique sur des histoires d'adolescents, et il remplit ce rôle à merveille, et bien plus que ça encore. L'histoire est terriblement attachante et reste assez loin de tous les clichés des films de ce genre. Le personnage de Juno, merveilleusement incarné par Ellen Page, permet d'aborder sans complaisance ni ton moralisateur des questions relativement importantes dans la société américaine, et d'autres moins importantes, par des petites touches qui font que le film reste toujours léger sans être ingénu. Porté par une bande-originale excellente, Juno est une grande réussite dans son genre, qui semble difficilement surmontable. 




Raging Bull, de Martin Scorsese (1980): La grande époque de Scorsese et De Niro, et un des sommets de leur collaboration sans doute. Bien qu'étant un biopic sur la vie d'un boxeur, Raging Bull baigne dans une ambiance de film de mafia à la Coppola, avec sa clique d'italo-américains au langage peu châtié et aux nerfs à vifs. De Niro est grandiose dans le rôle de Jake LaMotta comme à son habitude, et il crève l'écran du début à la fin. Les scènes de combat et le montage sont excellents, et contribuent à donner au film son côté épique. On pourra gentiment sourire au goût un peu excessif de Scorsese pour le sang à l'époque, ou blâmer un film qui n'en finit pas d'en finir (propre au genre biopic de toute façon), mais Raging Bull n'en reste pas moins un des grands films de la paire Scorsese/De Niro, ce dernier étant sans doute le plus en forme.


3 commentaires:

  1. J'ai changé mon avis sur Gus Van Sant en regardant To Die For (prête à tout en français je crois), figure toi que c'est rapide, qu'il se passe des choses et que c'est drôle. Un peu comme Harvey Milk au niveau de l'image, mais avec un humour noir qui je pense te plaira.

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  2. En fait je me souvenais que tu m'avais conseillé un Gus Van Sant, mais je me rappelais plus du titre, alors j'ai pris au pif. Faudrait que je vois Will Hunting aussi, parait que c'est complètement différent de son univers habituel.

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  3. An fait tu as oublié The Dreamers.

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