mardi 12 avril 2011

TV on the Radio - Nine Types of Lights

FUUUUU-SION ! L'idée est loin d'être nouvelle, et pourtant c'est un des fils rouges des années 2000. Ce terme a été trop vite employé cependant, dans la mesure où beaucoup de groupes ont confondu « fusion » et « superposition », le premier étant évidemment bien plus convaincant que le second. Ce n'est donc pas une surprise si TV on the Radio fut un des groupes phares de la décennie passée, allant jusqu'à faire sortir David Bowie de sa retraite*. En 3 albums ils ont su créer un rock mordant, pétri de soul, jazz et funk. Return to Cookie Moutain marquait l'apogée de leur attitude rock, Dear Science se tournant vers des sons plus pop et électroniques, tout en dégageant une puissance similaire à celle de ses prédécesseurs. En ce qui me concerne, TV on the Radio m'a toujours impressionné par son incroyable maitrise musicale, apparaissant facilement comme le groupe parfait, surtout qu'ils ont été capables de coups d'éclats mémorables, le genre de chansons pop intouchables et éternelles. Seulement voilà, toute cette perfection crée de la distance, et la fascination pour la technique ne s'accompagnait pas toujours d'une admiration générale. A ce titre, je ne savais pas trop quoi attendre de Nine Types of Lights.

Et après écoute, je ne sais toujours pas tellement quoi en penser. Musicalement, on est dans la continuité de Dear Science, et à vrai dire le groupe semble s'être installé dans une certaine routine. La batterie semble plus appuyée et on perçoit un peu de guitare acoustique, mais il n'y a pas de rupture à proprement parler. Sur l'espace de dix chansons, TV on the Radio déploie tout son savoir-faire, et la première impression que l'on parvient à dégager est que Nine Types of Lights est un bon album, rien de plus, rien de moins. Là où les albums précédents jouaient aux montagnes russes avec des chansons très différentes, celui-ci ne contient pas les mêmes sommets, comme s'il y avait eu un nivellement. Par le haut ou par le bas ? J'ai envie de dire par le milieu.

Toutes les chansons se valent plus ou moins, et on ne voit pas bien laquelle pourrait devenir un hymne aussi renversant que le sont « Wolf Like Me » ou « DLZ ». C'est sans doute sur les titres les plus rock que l'on se prend à percevoir ce sentiment de nouveau. « No Future Shock » possède le refrain qu'il faut et le final en apothéose comme il faut, mais il manque quelque chose. « Repetition » joue la carte des paroles rock n' roll, et elle semble rapidement s'imposer, si ce n'est qu'une fois encore, elle n'a pas suffisamment de ressources. Deux chansons qui ne manquent pas de qualités, qui auraient pu illuminer un album si l'on n'avait pas été habitué à quelque chose d'un niveau bien supérieur. En un mot, elle ne créent pas la même addiction.

C'est donc beaucoup de frustration que l'on trouve sur cet album. De la frustration principalement dûe au fait que le groupe a placé la barre très haut. Car il ne faut pas se mentir, Nine Types of Lights est typiquement le genre d'album qu'on peut écouter et réécouter avec le même plaisir, pour la simple et bonne raison que TV on the Radio reste un des groupes les plus talentueux de sa génération. L'introduction « Second Song » en témoigne bien. Le début ferait presque penser à Bill Callahan, avant de se lancer dans un refrain disco/funk pour atterir sur un parterre de cuivres, tout cela avec une fluidité remarquable. Vraiment enchanteur, le groupe sait également convaincre sans en faire trop, à l'image de « Killer Crane », qui marque un temps de repos particulièrement réussi.

Après avoir réussi sur trois albums ce que beaucoup de groupes ont raté, il semblerait désormais que l'on se soit habitué à la qualité de TV on the Radio. Comme si le groupe était condamné à signer des chefs d'oeuvre pour qu'on le remarque. Nine Types of Lights est loin de faire tâche, mais il est finalement trop attendu et trop prévisible pour déclencher la même magie que sur les albums précédents. C'est quand même dommage d'en être rendu à parler de semi-déception pour un album d'une telle richesse... Enfin, je ne suis pas tellement déçu, dans la mesure où les albums précédents me faisaient déjà le même effet. Ce nouvel opusaura la même place que les autres dans mon esprit, mais je risque de l'écouter moins souvent.




A lire également sur Playlist Society. En écoute sur Spotify.



*: Il y est retourné et en est ressorti récemment parait-il.

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