samedi 21 mai 2011

How I Met Your Mother - Saison 6


 La saison précédente était riche en promesses, et a montré pour la première fois que How I Met Your Mother s'essoufflait, et qu'aucun personnage ne parvenait à la sauver du naufrage. Après cette non-fin lamentable, on se disait que la série ne pouvait que rebondir après avoir touché le fond. Un an après, il est intéressant de constater que l'on a eu à la fois raison et tort. Mais récapitulons. Durant 6 saisons, les scénaristes se sont amusés à semer des indices, et à les effacer au fur et à mesure que la fin de la série s'éloignait. Tellement que je suis incapable de me souvenir tous les critères que devra remplir la Mother, sans parler de tous les sauts dans le futur qui finiront par trouver une explication. C'est pourquoi je dois me contredire d'emblée: même après une cinquième saison qui faisait du surplace, HIMYM est devenue, par essence, une série qui génère des attentes. Et c'est sans doute la seule raison pour laquelle j'ai, comme beaucoup d'autres, continué à regarder malgré une déception croissante.

Car c'est là que l'on avait tort: cette sixième saison nous a prouvé à plusieurs reprises que la série n'avait pas encore touché le fond et que les scénaristes étaient encore capables de se surpasser en termes de paresse et de manque d'inspiration. Je repense avec douleur aux retours de Robin Sparkles et des sosies, aux blagues graveleuses et désolantes sur les compagnons de Robin (qui en a d'ailleurs enchainé pas mal), ou aux théories de Barney qui ne font plus rire personne parce qu'on a toujours l'impression de les avoir déjà entendues. Oui, cette sixième saison contient sans doute les moments les plus pathétiques de toute la série. Je me souviens m'en être rendu compte lors de ce générique « joué » par les membres de la série, ou comment avoir l'air d'être un vieux groupe qui essaye de revenir à la mode. Parmi les rares sourires (1 sourire pour 10 gags à vue de nez) que j'ai décroché durant cette saison, il y en a une bonne partie qui marquait plus une certaine gêne qu'une réaction positive à telle ou telle vanne.

Il faut se rendre à l'évidence, la série est fatiguée. Les acteurs pour commencer, auparavant capables de tous briller dans un même épisode, ont aujourd'hui du mal à briller chacun dans deux épisodes d'affilée. Comme il est triste de voir à quel point Robin est devenue inutile et inintéressante au fil des épisodes. Mais c'est surtout les scénaristes qui ont l'air d'avoir le plus souffert durant cette saison. Ils ont fait tellement d'efforts pour essayer de faire évoluer le groupe qu'ils ont semblé vidés de toute énergie quand il s'agissait de trouvait des gags et des intrigues secondaires efficaces. Et les rares moments où ils en ont trouvé, on s'est demandé l'intérêt de la manœuvre. Par exemple le fameux décompte dans l'épisode « Bad News » qui soulignait si besoin était un scénario un peu téléphoné. Le plus flagrant constat du sentiment de remplissage qui envahit la saison est sa construction elle-même. A la manière de Breaking Bad, le premier épisode contient un flash-forward qui n'est résolu qu'avec le cliffhanger du season finale. Et entre ces deux extrémités, on pédale dans la semoule durant 22 épisodes.


Car en effet, l'unique intérêt de cette saison, et la seule chose qui change réellement, c'est Barney. C'était une grosse tâche pour les scénaristes que de faire évoluer leur personnage locomotive. Cette manœuvre les a conduit à déléguer davantage les situations humoristiques à Marshall, ce qui est amplement mérité et nous a fait souffler un peu. Pendant ce temps, Barney finit tant bien que mal par changer. Mais on se doit d'avouer tout de même que cette entreprise est un échec. Parce qu'on nous le promet depuis des lustres que Barney va changer, et qu'en 22 épisodes les scénaristes n'ont pas vraiment réussi à atténuer la brutalité de l'événement final le concernant. Tout juste ont-ils réussi à faire entrer dans la tête des spectateurs que Barney n'était plus qu'une machine à gags, mais qu'il tendait à devenir un personnage dramatique aussi important que Ted, allant jusqu'à développer une intrigue parallèle qui a pris le pas sur la principale (la femme de Ted, doit-on le rappeler), et qui risque de prendre encore beaucoup de place dans la saison à venir.

Nous avions donc en partie raison: tant bien que mal, HIMYM est parvenue à rebondir. Cela a coûté une saison entière, l'abandon plus ou moins volontaire de quelques personnages, beaucoup de faux espoirs et une intrigue particulièrement irritante et inutile concernant la vie sentimentale de Ted. Mais étrangement, on se prend à avoir de l'espoir pour la suite. Il aura fallu deux saisons aux scénaristes pour concrétiser enfin les changements attendus, mais désormais on peut légitimement penser que les deux prochaines saisons reposeront sur des bases complètement différentes, ce qui fera j'espère enfin sortir HIMYM du marasme. Ajoutons à cela le « New is always better » insistant du season finale, qui, aussi scandaleux puisse t-il paraître au regard de la saison, peut être interprété comme un aveu d'échec et un promesse d'une septième saison qui saura enfin combler les attentes des spectateurs. Celles-ci sont d'ailleurs tellement basses qu'elles pourront facilement être surpassées. Au point où on en est, on peut toujours rêver. 




Le commentaire du season finale par Dylanesque (spoilers inside).

Et une des rares scènes qui a dû marquer les spectateurs durant cette saison:

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