vendredi 20 mai 2011

Petites chroniques cinématographiques de retour de vacances (1/2)

La merditude des choses – Felix van Groeningen (2009)
Film typique des chroniques de familles « pas comme les autres » selon l'expression consacrée, La merditude des choses parvient pourtant à éveiller l'intérêt. Déjà par la famille proprement dite, où un enfant se fait elever par son père et ses oncles tous aussi beaufs les uns que les autres, vivant chez sa grand-mère au fin fond de la Belgique flamande. Le film ne cesse de jouer sur l'équilibre entre le ridicule des situations et l'ambiance profondément pathétique qui s'en dégage. Du coup, on ne parvient jamais à sourire franchement, mais l'histoire gagne plus de profondeur. Malgré un léger manque de rythme, La merditude des choses qui savent être touchants mais pas moralisateurs.



Les petits mouchoirs – Guillaume Canet (2010)
LE film de Guillaume Canet, avec le gratin du cinéma français pour le porter. L'histoire est assez banale, puisqu'en gros c'est un remake des Bronzés version parisiens dépressifs du vingt-et-unième siècle. Ah, et j'oubliais, le pitch c'est surtout qu'ils partent en vacances alors que leur pote est dans le coma. Mais faut m'excuser, Guillaume Canet lui même oublie cette partie de l'intrigue pendant la moitié du film. Au final, une alternances entre des moments dramatiques un peu trop poussés et des gags pas toujours efficaces. Heureusement, le casting remplit bien son rôle, même si l'on déplore le peu de risque qui a été pris dans le choix des rôles. On sourit gentiment et on se laisse charmer par cette bande d'amis hypocrites, mais ça ne va guère plus loin.
Naissances des pieuvres – Céline Sciamma (2007)
On retrouve dans ce film toutes les qualités et les défauts d'un premier long. Un grand soin apporté à la forme, avec de longs plans d'une grande beauté et un travail sur l'apparence des personnages moins anodin qu'il n'y paraît. Mais d'un autre côté, Naissance des pieuvres enchaîne les clichés du cinéma français auteurisant, avec une caméra muette façon documentaire, des dialogues « profonds-sans-en-avoir-l'air » et une direction d'acteurs qui semble volontairement négligée. Céline Sciamma fantasme complètement la sexualité adolescente, on a donc grand peine à s'attacher aux jeunes filles et à trouver l'histoire crédible. Tous ces défauts polluent un film qui fait pourtant preuve d'une certaine habileté de mise en scène, et c'est bien dommage. 



Halloween – Rob Zombie (2007)
Ce remake du classique de John Carpenter était censé être encore plus terrifiant du fait qu'il humanisait le tueur. Alors, si en 2007, il suffit de montrer l'enfance d'un serial-killer pour l'humaniser, je suis perplexe. Après une brève scène d'exposition censée nous montrer le mauvais terreau familial dans lequel à grandi Michael Myers, on a le droit durant 2h à une mécanique implacable: le tueur avance, et les gens meurent avec une régularité impressionnante, suivant un rythme d'une platitude désolante. Le scénario est cousu de fil blanc et parfois risible, et les quelques changements apportés à l'original n'apportent rien d'intéressant puisqu'au final, Michael Myers est un tueur du début à la fin de façon pathologique, et peu d'efforts sont fait pour essayer de nuancer ce postulat. Ce remake est donc à la fois ennuyeux et banal.

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