jeudi 26 mai 2011

Vite fait bien fait: Miles Kane / Fleet Foxes / Cornflakes Heroes

Miles Kane – Colour of the Trap

On connaissait Miles Kane comme le mec qui avait profité du succès de son pote Alex Turner (des Arctic Monkeys) pour sortir un très bon album avec lui sous le nom de Last Shadow Puppets, et un album un peu moins bon, ou du moins inégal, avec son groupe de toujours, The Rascals. Tout cela est derrière lui maintenant, et il se lance dans une carrière solo avec un premier album, Colour of the Trap. Musicalement, on est assez loin de ses deux projets précédents, qui avait tous les deux vocation à servir de bande-originale pour des films imaginaires. Ici, Miles Kane nous sert un pop rock dans tout ce qu'il a de plus conventionnel et intemporel. Pas de références trop lourdes, juste celles du rock anglais de toujours. 

On navigue dans un album très homogène, aux chansons aussi rapidement attachantes que faciles à oublier. L'anglais a lissé sa musique, et si Colour of the Trap est globalement meilleur de Rascalize, il n'a cependant pas le charme des sommets de son prédécesseur, et c'est ce qui le rend moins bon que d'autres productions du même genre, comme les Smith Westerns. Les plus attentifs d'entre nous savaient déjà que Miles Kane était plus qu'un faire-valoir chez les Last Shadow Puppets même s'il restait dans l'ombre de son illustre ami, et ce nouvel album en est la preuve, car il y fait montre d'un songwriting efficace et sans fautes de goûts. Un artiste à suivre, s'il prend la peine à l'avenir d'affirmer son originalité.



A lire également sur  Des Chips et du rosé. En écoute sur Deezer.

Fleet Foxes – Helplessness Blues

Le retour très attendu du groupe le plus surcôté de l'année 2008. Après un premier album charmant, innovant mais sans éclats, le groupe de Seattle a l'intelligence d'abandonner en partie le format qui a fait son succès. Refaire un album de folk centré sur des harmonies vocales était le meilleur moyen de s'attirer des « C'était mieux avant ». Helplessness Blues a donc un son plus dense, et même si la voix reste au centre des compositions, on entend une évolution sensible du travail sur les guitares qui fait penser aux passages les plus folk de Grizzly Bear, comme sur le titre éponyme ou « Montezuma ». Les Fleet Foxes réussissent l'exploit de garder tout ce qui faisait leur charme sans pour autant faire du surplace, et c'est dans ses chansons les plus ambitieuses que cela se remarque le plus. 

Sur « The Plains / Bitter Dancer » le groupe de Robin Pecknold réussit la parfaite alchimie entre ses harmonies vocales inimitables et son talent pour tisser des ambiances chaleureuses, qui était régulièrement sous-exploité auparavant. Le sommet de ce Helplessness Blues est sans conteste le fabuleux « The Shrine / An Argument » ou la voix de Robin Pecknold se fait tour à tout poignante et tendre, avant que le morceau ne se débride complètement sur la fin, révélant des inspirations inédites. Bref, ce nouvel album est une solide confirmation pour un groupe sur lequel on s'était sans doute enflammé trop vite à ses débuts. Plus de doutes désormais, on suivra le groupe avec attention.



A lire également chez Blake. En écoute sur Spotify.

Cornflakes Heroes – Hum

Disons-le d'emblée, ce troisième album est une fois de plus une réussite pour le groupe caennais. Depuis 5 ans, chacune de leur sorties est l'occasion d'apprécier sans retenue un rock enjoué et humble, dont la simplicité n'a d'égal que la remarquable qualité. Toujours munis d'un sens de l'humour excellent, les Cornflakes Heroes ne changent pas de formule, parce que ce serait se prendre au sérieux. Et ce n'est pas du tout ce que recherchent les auteurs du fameux « Let Me Be Your Tamagotchi ». Du rock fun et sans complexe, voilà ce qu'on le retrouve dans ce Hum, un genre qui est beaucoup moins prisé en France que de l'autre côté de l'Atlantique où une chanson comme « In my Rags » ferait le bonheur de n'importe qui, avec son refrain simple et accrocheur: « You are the kind of girl I like / Wanna dance with you all night » et ses guitares qui savent trouver la juste mélodie. 

On aurait tort de faire la fine bouche devant un album aussi sympathique et sans prétention. Il est certain qu'on ne tient pas là une musique innovante, mais l'enthousiasme du groupe fait qu'on y revient toujours avec le même plaisir, quelque soit le nombre d'écoutes. Car les Cornflakes Heroes font appel à des sentiments simples et fugaces, comme une drogue douce. Espérons que cet album leur donnera enfin la reconnaissance qu'ils méritent, ou au moins qu'il amènera plus de monde à leurs concerts qu'on s'imagine déjà avec un sourire aux lèvres.



En écoute sur Spotify.

4 commentaires:

  1. "Last Shadow Puppets, et un album un peu moins bon, ou du moins inégal, avec son groupe de toujours, The Rascals."

    OH !!!!!!!!!!!!!!

    C'est quasiment de la diffamation, ça ^^, il est excellent l'album des Rascals, tout en nerf, en urgence, en sueur... tout ce que le très surestimé (et surproduit) album de pop pour midinettes des LSP n'est pas (et que le dernier Kane n'est pas non plus, du reste, et hélas).

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  2. Je pensais me faire remarquer en affirmant que Rascalize n'était pas aussi mauvais que ce qu'on a pu lire partout, mais il semblerait que je sois tombé un plus plus gros fanatique que moi !
    Il est vraiment inégal cet album, c'est le mot. "Rascalize" et "Freakbeat Phantom" c'est des tueries, y'a des trucs beaucoup plus dispensables.

    L'album de LSP j'ai vraiment adoré, même si en effet c'est de la pop un peu pompière. Et l'album de Kane, c'est du plaisir simple, beaucoup plus lisse que Rascalize, c'est ça qui est dommage, mais c'est bien écrit quand même.

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  3. Salut Joris. Depuis le temps que j'étais coupé du web, c'est fou la production hyper-active que tu as eu, félicitations ! Je ne sais pas comment je vais rattraper mon retard du coup...
    En tout cas merci beaucoup pour le lien Fleet Foxien, c'est gentil d'avoir pensé à ce vieux fantôme de Blake présent-absent :)
    Ton papier historique sur Sheffield est super bien aussi.

    Ah, tous ces blogueurs qui fourmillent de talent c'est énervant finalement ! ;-)
    See you soon (enfin si j'ai pas d'autre pépins informatiques évidemment)

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  4. C'est tout l'intérêt d'Internet, de pouvoir continuer à profiter de l'espace des gens même quand ils sont absent !
    Oui j'ai essayé de rattraper mon retard avec plusieurs papiers, mais mon petit doigt me dit que les prochaines semaines seront plus calme. En bon breton, je fonctionne comme la marée... ^^
    En tout cas merci, et au plaisir de lire tes prochains commentaires !

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