dimanche 25 décembre 2011

Le très attendu Top de l'année 2011 (3/3)

10) Andy Stott – Passed Me By / We Stay Together (Techno/Dub – ANG)

Le dyptique d'Andy Stott nous emmène dans des sphères jamais fréquentées. Où house et techno ne font qu'un, exploitées d'une main ferme par un britannique qui ne craint pas le conflit. Où les basses sont si lourdes et pressantes qu'on a le sentiment de s'être fait enterrer vivant. Où la chaleur est si forte qu'on se croirait dans un cauchemar permanent. Voilà une oeuvre marquante, et la brûlure du fer sur votre corps n'est pas près de cicatriser.


9) King Creosote & Jon Hopkins – Diamond Mine (Electro/Folk – UK – mars)

Le disque le plus attachant de l'année. Respirant la sérénité, il donne l'impression de planer au-dessus de tout le monde, imperturbable. C'est de la patience que naît le bon compromis, et c'est des bons compromis que naissent les collaborations les plus fascinantes. Diamond Mine fait incontestablement partie de celles-là.


8) Forest Fire – Staring at the X (Rock – US – oct)

J'ai détesté ce groupe pour m'avoir livré un très mauvais concert il y a quelques temps. Ils font plus que se racheter en sortant un album sans concession, brassant le folk lancinant au rock le plus rêche, le temps de quelques chansons qui savent chacune à leur tour trouver le moyen d'être mémorables. Après une telle progression, on attendra avec impatience la suite.


7) Kurt Vile – Smoke Ring for my Halo (Folk/Rock – US – mars)

Ce nouvel album de Kurt Vile est comme une série de ronds de fumée, chaque chanson est un petit exploit d'arrangements subtils et hors du temps qui atteint une grâce fugitive sans que l'on ait vraiment compris ce qui s'est passé, avant de disparaître comme une hallucination.



6) WU LYF – Go Tell Fire to the Mountain (Indie Rock – ANG – juin)

Les cris d'un lycanthrope sur les accords austère d'un orgue d'église, voilà quelque chose qu'on n'aurait jamais pensé entendre. Mais c'est pourtant ce qui résume le son de WU LYF: sa solennité et sa spontanéité, qui tiennent dans un équilibre instable déroutant. Toutes les idéologies invoquées finissent par s'annuler pour qu'on ne retienne que le son de leur fracas.


5) Stendeck - Scintilla (IDM/Ambient – SUI – avril)

Il y a des BO dont on peine à discerner l'histoire qu'elles racontent, mais Scintilla fait partie de ces albums si cohérent et si aboutis, aux sons si évocateurs qu'on l'imagine sans efforts. On ferme les yeux et on verrait presque se jouer devant nous un grand film hollywoodien qui ressemblerait à un mélange entre 2001, l'Odyssée de l'espace et La nuit du chasseur.


4) Baxter Dury – Happy Soup (Pop – ANG – Août)

Baxter Dury est à la pop ce que B.B. King est au blues: l'important est de bien choisir ce qu'on fait. Il fait peu, il décharne sa musique à l'extrême, et c'est un squelette qui danse que l'on retrouve à la fin, sur un son de basse aussi rond que les formes qu'il a autrefois porté. Plus élégant que jamais, on dirait bien que le charme vient de l'intérieur.


3) Stranded Horse – Humbling Tides (Folk – FRA – janvier)

Tout semble déjà avoir été dit sur cet album. Sur la beauté de ces quelques chansons épurées et en dehors du temps. Yann Tambour nous recentre sur quelques petites choses fondamentales: le son délicat et envoutant d'une corde qui vibre, la douceur d'une voix qui parle à l'oreille. De quoi tout oublier pendant quelques instants.


2) Ghostpoet – Peanut Butter Blues & Melancholy Jam (Hip-hop - ANG – février)

L'album composé au pianocktail, sauf qu'il n'y a que du whisky de basse qualité qui en sort. L'année même où Mike Skinner écrit un épitaphe brouillon, son plus digne successeur apparaît, et nous ramène déjà dans le monde bien connu du désespoir de la jeunesse. Sauf qu'ici il n'y a pas de faux semblants, tout est sombre et sans issue.


1) Viol – Gun Street (Folk – FRA – mars)

Rarement un album ne m'aura hanté à ce point. Sa production maison et ses chansons d'un autre temps me font rentrer à chaque fois dans un monde fascinant où l'innocence juvénile des mélodies cache la violence froide et blasée des textes. Ernesto Violin est le seul de tous ces artistes sans reconnaissance qui mérite de vous faire culpabiliser d'être passé à côté.  

4 commentaires:

  1. Arf, j'ai découvert Viol avec Love Boat et je m'en suis toujours pas remis, donc je pense que Gun Street va te hanter un moment. Pour ma part, ça fait partie des golberies auxquelles je n'ai pas accroché cette année, le Forest Fire encore plus.

    Tu me fais pensé qu'il faudrait que je réécoute King Creosote que j'avais hélàs oublié ...

    ... et sinon félicitations pour avoir défendu Wu Lyf jusqu'à la fin contre vent et marée !!

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  2. Oui je suis pas trop du genre girouette, même si ça m'arrive d'avoir un avis qui s'émousse avec le temps.

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  3. J'aime bien ton Top avec tes choix très persos (bon ya WU LYF d'accord, mais ça passe quand même) et surtout tes petites phrases style parodies de critiques dans les post précédents. Y a de la trouvaille à chaque commentaire !
    Si on ne se revoit pas avant, meilleure année à toi :)

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  4. Bon, depuis le temps que le volet est tiré, j'imagine que c'est juste parce que tu as fermé la boutique par manque de temps.

    En tout cas je souhaite que ce soit l'unique raison. Pour ça, un ultime billet d'adieu n'aurait pas été inutile, histoire de nous expliquer et nous rassurer.

    Salut Joris ! À la revoyure, why not ? :)

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