jeudi 21 décembre 2017

Le groupe des 23 albums 2017

Le 11 type


James Holden & the Animal Spirits - The Animal Spirits

Il joue à un poste où on le juge pour ses envolées et la fermeté de ses mains, pourtant il a vite fait de se démarquer pour son aisance balle au pied. Son profil contrarié surprend ses adversaires qui ne savent plus comment l'aborder, alors qu'il se revèle excellent dans tous les domaines. Musicien électronique féru d'analogique, James Holden est ce joueur brillant dans l'art du contrepied, c'est Marc-André Ter Stegen.


Four Tet - New Energy

Très tôt étincelant à un poste-clé dans une maison connue pour regorger de talents, il s'est vite fait absorber par les changements de modes et les aléas d'une carrière déjà couronnée de succès. Aujourd'hui dans l'ombre, on le croit disparu mais les quelques uns qui ne l'ont pas oublié retrouvent dans un registre plus modeste le talent du joueur qu'il a été. Four Tet est l'ailier virevoltant reconverti en latéral de devoir, c'est Antonio Valencia.

Grizzly Bear - Painted Ruins

Certains diront qu'on l'a vu trop beau, trop tôt, d'autres qu'il a été grillé par une médiatisation excessive à ses débuts. Toujours est-il qu'il n'a jamais paru en meilleure forme que maintenant qu'on ne lui donne plus la charge d'être à la hauteur d'un héritage encombrant. Grizzly Bear est ce joueur qu'on a fini par oublier alors même qu'il réalise enfin la carrière qu'on lui promettait, c'est Raul Albiol.

Courtney Barnett & Kurt Vile – Lotta Sea Lice

Il se révèle en ressuscitant le style du défenseur central à l'ancienne, rugueux et sans concession. Ce joueur contre-révolutionnaire a pourtant su s'adapter à la modernité en devenant finalement un des tout meilleurs de sa catégorie, avec une régularité qui n'a d'égale que son calme frôlant l'indifférence face aux louanges qu'on lui sert. Kurt Vile est ce joueur old-school qui n'est jamais aussi à l'aise qu'en travaillant en binôme, c'est Diego Godin.

 

Kendrick Lamar –DAMN.

A ses débuts on louait sa créativité et son jeu explosif, dans la lignée des grands noms l'ayant précédé à ce poste. Régulièrement cité parmi les meilleurs de sa catégorie, il continue à chaque apparition de parfaire son jeu et de se rendre indispensable en toutes situations. Capable de beaucoup mais réalisant toujours des choix intelligents, il ne voit plus beaucoup de concurrents autour de lui lorsqu'il s'arrête pour prendre du recul. Kendrick Lamar est ce latéral en train d'écrire l'histoire de son sport, c'est Marcelo. 

Idles – Brutalism

Il incarne la brutalité nécessaire dans une équipe vouée à briller. Passionné des basses besognes, il tacle avec panache quand d'autres ont peur de salir leur short. D'une grande honnêteté quant à son rôle sur le terrain, il se montre pourtant capable de coups d'éclat qu'on ne lui soupçonne pas, laissant ainsi devener un esthète caché sous les crampons. Idles est ce milieu besogneux mesestimé et pourtant indispensable, c'est Casemiro.

Orelsan – La fête est finie

Habitué du championnat français, on ne peut pas dire qu'il s'épanouisse sous les projecteurs. Joueur versatile mais rarement décevant, il s'impose après plusieurs saisons comme une référence du championnat, particulièrement pour ceux qui n'hésitent pas à suivre les matchs du Stade Rennais le samedi soir au bar des sports. Adulé par les supporters d'une partie de la France périphérique, méprisé par les plus grands, Orelsan « le blanc qui se prend pour un négro » est ce bon joueur de Ligue 1 qui joue comme un brésilien, c'est Benjamin André.

Vince Staples – Big Fish Theory

Repéré par les spécialistes depuis quelques années, ce joueur progresse pourtant sous les radars du grand public alors que chacune de ses performances porte le signe d'une carrière très prometteuse. Il a fallu qu'un club médiatique tente le pari pour que le monde réalise enfin à quelle star en devenir il avait affaire. Impeccable sur tous les plans, sachant être tour à tour agressif et techniquement élégant, il y a fort à parier qu'il sera un joueur marquant pour son pays. Vince Staples est ce joueur pour hipster en passe de percer auprès du grand public, c'est Naby Keita.


Flotation Toy Warning – The Machine that Made Us

On l'a rencontré sans s'y attendre, et ce fut le coup de foudre immédiat. D'une élégance comme on en fait plus, il paraissait sorti d'un autre temps. Evidemment, il a fait naître en nous l'espoir fou de le voir règner sur sa discipline comme il le méritait. Las, on a dû attendre en vain que les planètes s'alignent, chaque retour étant finalement avorté. Et même si maintenant on ne retrouve que par bribes les traces de l'émotion qu'il a pu faire naître en nous, c'est assez pour maintenir le culte. Flotation Toy Warning est ce joueur comète, rare mais toujours éclatant, c'est Javier Pastore.

King Krule – THE OOZ

Il y a des joueurs qui montrent dès leurs débuts qu'ils ont un fort potentiel. Une entrée fracassante pour commencer, quelques matchs où il crève l'écran, et la promesse qu'un jour ils feront partie des meilleurs. Alors, quand cette promesse est enfin consacrée par un enchaînement de match de haut niveau, où l'on voit autant la fougue intacte que la prise de maturité, c'est le frisson. On ne sait pas où ça va s'arrêter, mais c'est déjà beau d'y assister. King Krule est ce joueur qui montre enfin à tout le monde l'étendue de son potentiel en jouant comme s'il avait toujours été là, c'est Leroy Sané.


LCD Soundsystem – american dream

On pensait avoir tout vu, et ne plus rien voir. On pensait que c'était fini, et que ce joueur était perdu, lui qui avait su allier autour de lui toutes les sensibilités de ce sport dans des moments de grâce. Il a fallu la rencontre d'un sage pour qu'il remette enfin le couvert. On le retrouve donc avec un peu plus de gravité, mais on peut encore percevoir sa personnalité qui le plaçait au centre des débats sans jamais faire consensus pour autant. Terriblement efficace et refusant toujours les concessions, LCD Soundsystem est ce joueur qui ne s'arrêtera pas avant d'avoir convaincu tout le monde de son talent, c'est Mario Balotelli.

Sur le banc

Oh Sees – Orc est: David De Gea
Ca fait un moment qu'il est là, bien placé, même si on n'ose pas encore dire que c'est le meilleur.

Mount Kimbie - Love What Survives est: Raphael Varane
Très précoce et prometteur, il est aujourd'hui rentré dans le rang en conservant toutes ses qualités.

Ghostpoet – Dark Days + Canapes est: Illkay Gundogan
On le sait capable du meilleur mais on ne sait pas encore quand il arrivera à briller avec régularité.

Baxter Dury – Princes of Tears est: João Moutinho
Tranquille, il joue sans faire de vagues mais dès qu'on l'observe on recônnait la patte des grands joueurs.

Ty Segall – s/t est: Mohamed Salah
Mais quand s'arrêtera t-il ? Infatiguable, il fait feu de tout bois et continue d'impressionner dans un style pourtant rudimentaire.

Mac Demarco – This Old Dog est: Simone Zaza
Fatigué de n'être pas pris au sérieux, il décide de changer pour convaincre plus de monde. Grand bien lui en a pris, même si on perd en originalité ce qu'on gagne en efficacité.

Mount Eerie – A Crow Looked at Me est: Yoann Gourcuff
Il a toujours provoqué des opinions diverses par sa capacité à être brillant sans vouloir s'adapter au jeu moderne, sa vie fut parsemée d'embûches, donnant à son jeu un côté d'autant plus mélancolique.

Réservistes :

OCS – Memory of a Cut Off Head est Sergio Rico : Sympathique remplaçant qui fait l'affaire quand on lui demande, mais encore dans l'ombre du titulaire.

The War on Drugs – A Deeper Understanding est Chris Smalling : On ne sait pas encore s'il doit être titulaire ou remplaçant, s'il c'est un crack ou juste un bon joueur, en tout cas il est toujours là, fidèle au poste, et nous aussi. 

Forever Pavot – La pantoufle est Aleksandar Kolarov : Le défenseur qui voulait être attaquant, il surprend par des qualités étranges dans sa catégorie tout en ayant du mal à cacher ses défauts. 

Julien Baker – Turn Out the Lights est Miralem Pjanic : Un peu fragile pour son poste, mais la subtilité de son jeu et l'élégance de ses passes valent le coup d'oeil.

The Black Angels – Death Song est Wayne Rooney : Joueur d'un autre temps qu'on pensait sur la fin de sa carrière, et qui pourtant retrouve sa forme en revenant à ses racines, on est ravis pour lui.

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