dimanche 10 juillet 2011

Top 5: The Beatles

J'aime bien faire des tops, et puis c'est un bon moyen de parler de choses plus vraiment dans l'actu, ou de rentrer plus dans les détails concernant certains artistes unanimement reconnus. J'entame donc cette nouvelle rubrique « Tops » avec les Beatles, histoire de marquer le coup.

Autant le dire tout de suite, j'adore les Beatles, donc ça n'a pas été tâche aisée que de choisir 5 albums parmi leur excellente discographie. Oui, même les premiers sur lesquels il fait bon dire du mal ont leur petite place chez moi. Seulement, je dois bien avouer qu'ils n'ont rien de comparable avec la flopée de chefs d'oeuvres sortis depuis 1965. C'est donc avec un certain regret que je vous annonce d'ores et déjà que mon top n'aura rien de subversif. Les 5 albums sélectionnés étant sans doute ceux de tout top 5 des Beatles, c'est l'ordre qui sera le plus intéressant (d'où l'idée de faire un top). Cela aura au moins le mérite de rentrer dans les micro-préférences que chacun entretient vis à vis de l'oeuvre des Fab Four.

5- Sergent Pepper's Lonely Heart Club Band (1967)

Sans doute l'album avec lequel j'ai la relation la plus complexe. Je n'aime pas vraiment le son de l'album, l'ambiance foraine, les guitares sur-cristallines et le psychédélisme indianisant. Et de ce fait, je n'aime pas son statut de plus grand album de tous les temps. Seulement voilà, même avec tout le snobisme et la mauvaise volonté du monde, je ne peux pas résister à un album qui contient de telles chansons. Parce que même avec cette production qui me fait grincer des dents, « Fixing a Hole » et « With a Little Help from My Friend » restent purement géniales. Lennon signe un sommet complètement foufou avec « Being for the Benefit of Mr Kite! » et McCartney étale sa classe sur « She's Leaving Home ». Difficile de dédaigner un album d'une telle qualité, qui se permet en plus de finir par « A Day in the Life » entre simplicité pop, ambition orchestrales et expérimentations (forcément) avant-gardistes. Qu'on le veuille ou non, Sergent Pepper est indispensable.

4- The Beatles (1968)

Il fallait rien moins que le plus grand groupe du monde pour sortir un tel album. « L'album blanc » est sans limites, fait tout ce qu'il veut, et se permet de verser autant dans le pastiche (« Yer Blues ») que dans le non-sens (« Ob-La-Di Ob-La-Da »). Je l'aime beaucoup parce qu'on y retrouve les chansons les plus personnelles de chaque Beatle (vu qu'ils s'amusaient tous de leur côté), et c'est sans doute le seul album où j'aime autant les compos de McCartney que celles de Lennon (en général l'avantage va à Lennon, même si c'est de peu). Un album proprement énorme, que je suis loin de connaître par coeur et d'aimer de bout en bout, mais qui contient mes chansons préférées (enfin parmi mes préférées), avec « Happiness is a Warm Gun » ou « Helter Skelter ».

3- Abbey Road (1969)

Là on touche aux intouchables. Abbey Road est le premier album des Beatles que j'ai écouté, et c'est encore un des mes préférés. Merveilleusement produit, il enfile les perles pop avec une aisance qui me frappe à chaque fois. Et c'est le seul album où les compos de George Harrison font partie des toutes meilleures (elles étaient bonnes auparavant, mais pas à ce point), préfigurant l'excellent All Thing Must Pass. Mais ce qui fait que j'aime Abbey Road à ce point, c'est la fameuse partie medley qui ne ressemble pas à grand chose, mais sonne tellement bien, tellement « Beatles ». L'exercice surpasse tout ce qui a été tenté dans le même genre depuis, dans les épopées lyriques de Queen ou dans le rock ambitieux des Who. Comme d'habitude, les Beatles sont parmi les premiers à hausser la barre, et personne ne parvient à la dépasser. Peu de groupes au bord de la rupture peuvent se targuer de sortir un tel album, dépassant leurs tensions pour finir sur un sommet.

2- Revolver (1966)

Le dernier album des Beatles que j'ai découvert. Dieu sait pourquoi j'ai si longtemps repoussé l'écoute de cet album. Sans doute par crainte de me prendre une des plus grosses claques musicales depuis longtemps. Revolver est un album magnifique, qui m'a donné envie de revendre tous mes instruments sur eBay, tellement l'essentiel de mes prétentions musicales sont contenues dans « I'm Only Sleeping » et « Tomorrow Never Knows ». Deux compositions de Lennon, mais pourtant mes chansons préférées de McCartney sont aussi sur Revolver. Absolument intemporel (malgré la sitar de « Love to You ») et résolument moderne, Revolver est à la fois un album qui vous colle à la peau et une oeuvre géniale qui témoigne de la croissance qualitative exponentielle qu'a pris la carrière des Beatles depuis Help!, un an auparavant. Un tel exploit me laisse les bras ballants, épaté à la fois par le génie des Liverpuldiens que par le courage qu'il a fallu à leurs contemporains pour continuer à composer après un album de cette envergure.

1- Rubber Soul (1965)

A vrai dire placer Rubber Soul sur la première marche tient davantage d'un choix sentimental arbitraire que d'un jugement réfléchi, car à ce niveau il aussi vain de choisir entre Rubber Soul et Revolver que de répondre à la question « tu préfères ton père ou ta mère ? ». Mais incontestablement, Rubber Soul a une simplicité et une cohérence qui fait parfois défaut à son successeur (qui dit micro-préférences dit micro-distinctions). Cohérence pas tellement en termes de son, mais plutôt en termes de composition. Si tous les albums des Beatles sont des virages, Rubber Soul est un album charnière dans la période charnière entre Help! et Revolver. Pas simple de qualifier la discographie des Beatles, mais je suis convaincu de cela. Rubber Soul se situe au juste milieu entre la révolution sonore de l'enregistrement de Help!, qui conservait des compositions proches des débuts, et l'ambition expérimentale de Revolver. L'effet de la drogue, disons. Rubber Soul, c'est la pop éternelle, qui phagocyte tous les genres et tous les sons pour n'en garder qu'une poignée de bonnes chansons. Ce chef-d'oeuvre est d'une telle évidence que le meilleur album des Stones (Aftermath évidemment) n' en est ni plus ni moins qu'une sorte de version blues-rock. Comment ne pas avoir envie de donner raison à John Lennon qui disait que les « Stones [faisaient] tout 6 mois après [eux] », et régler définitivement la question « Beatles ou Stones » ?

Mais aussi:
Help! (1965)
Hard Day's Night (1964)
Beatles for Sale (1964)

Voilà, je viens juste de publier l'article, j'ai réécouté l'intégrale des Beatles, et j'ai déjà envie de tout refaire...

2 commentaires:

  1. Super idée : à tout seigneur, tout honneur, tu as raison autant commencer par les Fab Four. Et niveau ordre, pas grand chose à redire ... sinon perso peut-être j'aurai juste mis le Double Blanc quasi inépuisable avant Abbey Road.
    Quant au duo de tête je dis pas mieux : Revolver & Rubber Soul, aussi mon préféré, ce dernier étant l'un des albums les plus magiques jamais enregistrés, d'une fluidité totale avec une pointe d'innocence mêlée à cette virtuosité insouciante.
    Ah, on pourrait juste citer aussi Magical Mystery Tour rien que pour le trio "Strawberry Fields/Penny Lane suivi de I Am The Walrus, autres sommmets pysché période "Sgt Pepper's". Sacrée bande des quatre !
    Merci ;-)

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  2. En fait quand j'y réfléchis, je me dis que je mettrais plutôt Magical Mystery Tour (voire Help!) devant Sergent Pepper's. Mais comme je l'ai dit, Sergent Pepper's a un petit truc qui fait qu'on a du mal à le reléguer au fond de la liste... Ca viendra en vieillissant ! (une bonne idée ça, faire des classements des Beatles tous les 5 ans pour voir comment ça change avec l'âge ^^)

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