samedi 19 février 2011

James Blake / Glasser / Lia Ices @ L'Antipode, Rennes

Je ne me souviens plus si j'ai eu l'occasion d'insister sur la remarquable qualité du festival de la Route du Rock ici. En tout cas je le dis, la Route du Rock est un des meilleurs festivals que l'on puisse trouver en France, et sa collection hiver est plus particulièrement tournée vers la découverte et vers des groupes moins connus. Avec le recul je me rends compte que la programmation reste assez accessible dans l'ensemble, et n'est peut-être pas aussi pointue que j'ai pu le penser par le passé. Toujours est-il que le festival sait créer de bonnes soirées de concert, dont faisait partie celle-ci, pour la première fois à Rennes je crois. 

La soirée commence donc par Lia Ices. Je n'avais pas écouté son album paru en début d'année, mais je partais avec un bon a priori. Je m'attendais à un bon moment de musique délicate, portée par la voix de la demoiselle que je savais charmante. Malheureusement cela ne s'est pas passé comme prévu. La faute à une balance qui a trop mis en avant la basse et la batterie à mon goût, et qui faisait voler en éclats la cohérence musicale des chansons. On ne peut pas vraiment apprécier le charme des mélodies et de la voix de la chanteuse si on a le corps qui vrombit à chaque note de basse, et qu'on sursaute à chaque coup de caisse claire. Dommage, car malgré une gestuelle un peu trop appuyée et une attitude générale un peu timorée, ce concert était globalement bon et la musique de Lia Ices attachante.

 Vient ensuite Glasser, qui donne un peu plus de pêche au public, en affichant une certaine assurance et un visuel un peu plus élaboré. Si l'album de Glasser m'avait un peu déçu par moments en manquant de rythme, il n'en restait pas moins une bonne surprise. Et c'est avec plaisir que j'ai retrouvé ces morceaux sur scène, joués avec une énergie sincère et qui dégageaient un groove bienvenu. Glasser est parvenu à donner à tous ces morceaux le petit plus qui leur manquait en studio pour les faire décoller. On pensait souvent à Fever Ray, et je me suis même surpris à déceler un peu de Gang Gang Dance dans les meilleurs moments du concert, les plus percussifs. J'ai cependant un peu décroché vers la fin du concert, car la musique de Glasser, aussi fraîche soit-elle n'en est pas moins assez limitée, et heureusement le concert s'est terminé avant que cela ne devienne un peu trop pénible.

 Enfin, James Blake, qui s'est mu en tête d'affiche grâce à la sortie récente de son album. Et je peux témoigner d'une chose, c'est que James Blake est réellement la sensation de ce début d'année. Sans doute pas le meilleur album, mais en tout celui qui a le plus animé les esprits des passionnés de musique. Le public de la route du Rock n'est pas tellement du genre à jouer les groupies, et pourtant on sentait une excitation palpable pendant tout le concert. Et ce concert a été à la hauteur de mes espérances. Il ne m'a pas pour autant fait changer d'avis sur la musique du jeune homme. Tout seul à la droite de la scène, entouré par un clavier et un piano, il était accompagné par un batteur sur batterie electronique et par un guitariste claviériste d'appoint. Sa prestation fut très intimiste, et c'était assez amusant de voir les deux musiciens tournés vers lui en l'écoutant religieusement quand ils ne jouaient pas. 

J'attendais avec impatience mes morceaux préférés, "The Wilhem Scream", "I Never Learnt to Share" et "Limit to Your Love". Ils furent exécutés sans grande originalité, si ce n'est que l'on ressentait littéralement physiquement les basses, ce qui en a troublé plus d'un qui ne s'y attendait pas. La fin de "Limit to Your Love" tourna vers un beat techno qui fit son petit effet. Mais finalement, c'est "I Care (Like You)" qui m'a le plus agréablement surpris, les beats sec et froids prenant une vraie humanité avec la présence du batteur. En revanche, sans aucune surprise les chansons a capella (avec auto-tune et autres effets) ou tout seul au piano m'ont profondément ennuyé. A cet ennui s'ajoutait presque un certain ridicule de voir James Blake se tourner vers son piano comme pour dire "Là je vais chanter tout seul", de manière assez peu naturelle. En fait, ce concert a poussé à leurs paroxysme les qualités et les défauts de James Blake, ce qui a donc confirmé l'avis que je m'en étais fait.

 Ce n'est sans doute pas la meilleure soirée de la Route du Rock à laquelle j'ai assisté, mais elle était en tout cas remarquable par une certaine cohérence, tout en étant diversifiée. Pas de révélations, quelques bonnes et quelques mauvaises surprises, et au final le goût amer de n'avoir pas vu changer ses a priori.

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3 commentaires:

  1. Même si elle est respectable, je dois bien avouer que c'est pas le genre d'affiche qui m'aurait donné envie!

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  2. Ben disons que c'est pas si souvent que je peux voir 3 artistes potentiellement intéressants au pas de ma porte et pour pas cher. C'est le genre d'occasions bonnes à prendre. Après, c'est vrai que je n'y allais pas non avec un enthousiasme débordant.

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  3. Oui, je me suis exprimé de façon un peu lapidaire. Tu me donnes l'occasion de voir chacun de ces artistes, je prends. Mais les trois dans un seul colis, je doute. Maintenant, c'est clair que je vis plus dans l'abondance que dans la pénurie de concerts...
    :-)

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