La sélection de Janvier

L'album du mois

PVA - No More Like This

Soyons honnêtes et ne prétendons pas évaluer cet album de façon complexe : je ne l’attendais pas, pour la simple raison que j’étais totalement passé à côté du précédent, sorti en 2022. Et c’est sans doute pour le mieux, parce que sans dénigrer injustement l’electro-pop pratiqué par le groupe jusqu’ici, je n’aurais peut-être pas cherché à creuser davantage. Mais dès lors que je suis dans l’inconnu, il y a clairement de quoi intriguer. Cette pochette d’abord, qui fascine sans qu’on puisse réellement mettre des mots sur ce qu’elle nous fait ressentir. Une pochette qui semble nous dire : ça ne va peut-être pas être simple, mais j’ai quelques trucs importants à dire. Et ça se confirme dès les premières secondes de l’album lorsque nous sommes simplement accueillis par un « Good morning » qui nous fait douter d’être en train d’écouter de la musique. Quoiqu’on ait pu penser de PVA avant cet album, tout est balayé avant même la moitié du premier titre. A tel point qu’à l’arrivée d’un bon four-on-the-floor sur « Send », on est presque surpris d’être balancé au beau milieu d’une discothèque tant l’ambiance était jusqu’ici plutôt intimiste, ou du moins un peu plus inhibée.

A mi chemin entre Model/Actriz et Dry Cleaning, No More Like This n’est ni l’un ni l’autre. Du premier elle n’a pas l’héritage no-wave et la grandiloquence de Cole Haden, bien qu’on y ressente une même forme de tension dans ces chansons douloureuses où la danse semble un échappatoire. Du second, on retrouve en partie le phrasé de Florence Welch, mais musicalement, les synthétiseurs se substituent à la guitare, et l’humour est nettement moins présent. PVA nous sort donc un album pas vraiment sorti de nulle part, mais doté d’une personnalité assez inhabituelle. On est bien au Royaume-Uni en 2026, on voit bien les influences et les intentions du groupe, et pourtant on est surpris comme si on n’avait jamais entendu ça. Ca vous prend par les sentiments au début, et ça finit par vous secouer comme pour vous forcer à tout lâcher. Un album comme une psychothérapie, sauf que c'est moins cher et qu'on peut faire ça tout seul en ayant envie d'y retourner. N’ayez pas peur, rien de ce qui en sortira ne vous sera étranger, et tout reste entre nous.

Titres préférés : « Enough », « Boyface », « Okay »

   

 

D'autres choses que j'ai écouté ce mois-ci

 

Le Reste, Bleak Moments (Pop, FR) (09/01/26)  

Le mois de janvier est propice à l’introspection, aux résolutions et aux mises au point. C’est ce qui a poussé Emilien Villeroy, aka Le Reste, à se lancer dans l’enregistrement d’un album qui, un an plus tard, nous montre avec une sincérité touchante à quel point nos vies sont sinueuses. Qu’il est bon d’entendre une telle sincérité, magnifiée ici par une pop faite maison tout à fait touchante.

 

Dry Cleaning, Secret Love (Rock, UK) (09/01/26)

 Je crois qu’on maintenant l’admettre : Dry Cleaning ne sera sans doute plus à la hauteur de son premier album. Mais dans ce cas, admettons aussi qu’ils nous font toujours un peu d’effet. Sur ce nouvel album, les guitares reprennent du poil de la bête (ce qui n’est pas pour me déplaire), et on se surprend parfois à se dire que le groupe en a encore sous le pied.

 

Jana Horn, Jana Horn (Folk, US) (16/01/26) 

 Des fois on a besoin que ça n’aille pas trop vite ni trop fort. Mais on ne veut pas s’ennuyer non plus. On est un peu chiants en somme. Tout l’inverse de Jana Horn qui prend son temps et laisse de la place au silence tout en nous captivant : une guitare soutenue par une discrète mais précise section rythmique, une voix délicate qui ne craint pas le jugement, et tout ce qu’on voulait est là.


Searows, Death in the Business of Whaling (Folk-rock, US) (23/01/26) 

Au début je me suis dit que c’était de l’indie folk comme j’en avait déjà entendu pas mal. Et comme j’aime ça, j’ai continué. Puis j’ai entendu une voix que je pensais avoir déjà entendu, je ne me suis donc pas arrêté. Mais ce n’était pas Phoebe Bridgers, c’est Searows, un chanteur qui semble avoir avalé toute une partie de ce que j’aime et qui en fait une version que je ne peux pas détester. En plus ça parle de baleines.


By Storm, My Ghosts Go Ghost (Hip-hop, US) (30/01/26) 

Je sais bien que vous ne comptez pas sur moi pour vous faire de bonnes recommandations en matières de hip-hop. Je m’y connais peu, j’en écoute pas tant que ça et mes goûts sont sans doute assez classiques. Et pourtant me voici séduit par un album de hip-hop assez expérimental signé By Storm. Ce n’est pas vraiment simple à écouter, mais il y a des moments qui vous saisissent comme peu savent le faire. En témoigne ce titre comme venu d’ailleurs qui ne mérite pas d'être réduit à une simple étiquette.

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