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La sélection de février

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L'album du mois Twisted Teens,  Blame the Clown  Si je vous dis qu’il existe un groupe de garage appelé Twisted Teens à la Nouvelle-Orléans, vous pensez à quoi ? Des chansons simples avec une guitare crasseuse ? Un chant débraillé dans un micro saturé ? Une fougue juvenile et décomplexée typique des années 80-90 ? Une certaine joie de vivre typique de la Louisiane ? Éventuellement quelques arrangements piqués à l’americana local ? Bravo, vous avez tout bon, allez écouter ça et à la prochaine. Ah non excusez-moi, il y a une erreur : l’album Blame the Clown est sorti il y a 2 semaines. Non ce n’est pas une réédition, vous êtes bien en train d’écouter un album de musique actuelle, et la spontanéité de la musique est on ne peut plus vivante. Il faut dire que la simplicité ne souffre pas du temps qui passe. D’un côté, Caspian Hollywell joue l’homme-orchestre et fait le show tel un Ty Segall des débuts, et de l’autre Ramon Santos joue du pedal-ste...

Un tour du monde en musique

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  Essayons un peu de nous décentrer, ou du moins d'élargir notre champ de vision avec un petit tour du monde en musique, d'abord initié sur l'excellent jeu Pixelized et poursuivi donc ici. Comme le tour de France, ce voyage ne passe pas partout, autant pour rester raisonnable que parce que je ne peux pas prétendre avoir quelque chose à dire sur chaque pays du monde, surtout pas en musique. De nombreuses régions sont ainsi survolées, et certains pays auraient évidemment pu mériter une sélection élargie. Certains choix sont traditionnels et évidents, d'autres plus modernes et personnels, mais dans tous les cas ce sont des albums que j'apprécie à un certain degré et des lieux que je trouve intéressants. Il y aurait encore de nombreux tours du monde à faire, mais j'espère que celui-là aura au moins le mérite de démontrer que certains genres ne se limitent pas à une poignée de pays et qu'on peut tout à fait trouver son compte avec des sons et langues bien éloign...

La sélection de Janvier

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L'album du mois PVA - No More Like This Soyons honnêtes et ne prétendons pas évaluer cet album de façon complexe : je ne l’attendais pas, pour la simple raison que j’étais totalement passé à côté du précédent, sorti en 2022. Et c’est sans doute pour le mieux, parce que sans dénigrer injustement l’electro-pop pratiqué par le groupe jusqu’ici, je n’aurais peut-être pas cherché à creuser davantage. Mais dès lors que je suis dans l’inconnu, il y a clairement de quoi intriguer. Cette pochette d’abord, qui fascine sans qu’on puisse réellement mettre des mots sur ce qu’elle nous fait ressentir. Une pochette qui semble nous dire : ça ne va peut-être pas être simple, mais j’ai quelques trucs importants à dire. Et ça se confirme dès les premières secondes de l’album lorsque nous sommes simplement accueillis par un « Good morning » qui nous fait douter d’être en train d’écouter de la musique. Quoiqu’on ait pu penser de PVA avant cet album, tout est balayé avant même la moitié d...

Moi je dis ça... Robert Fripp est le grand guitar hero des 70's

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  J’ai toujours rêvé d’être un guitar-hero. Pour moi c’était mieux que d’être président. Ca voulait dire être quelqu’un. Les guitar-hero ne sont pas des musiciens comme tout le monde, ils font ce qu’ils veulent et c’est parfois simplement pour les voir qu’on prenait un ticket pour leur groupe. Comme pour des sportifs de haut niveau, j’étais fasciné par leurs gestes, leurs manies, leur posture et chaque interprétation révélait des capacités hors du commun. Et pour moi, ces derniers devaient tous respecter un certain style : cheveux longs, chemises ouvertes, guitare au niveau de la taille et surtout, un mutisme à tout épreuve. Je concédais à certains, pour des raisons pratiques, qu’ils soient obligés de chanter de temps à autre, mais le pur guitar-hero était celui qui ne se met sur le devant de la scène que pour son solo. Évidemment, tout cela est très stéréotypé d’un point de vue musical : il faut un groupe de rock, de 4 ou 5 membres, assez ambitieux pour étirer ses morceaux et donn...

Le jour où j'ai vu The Big Lebowski avec des adolescents

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Panel des expressions faciales par lesquelles je suis passé ce matin là. C’était la semaine dernière. Quelques cheveux blancs sur les tempes et des cernes qui trahissent une jeunesse de plus en plus lointaine, je mène comme un troupeau de moutons dociles mais fatigués une soixantaine de lycéens à travers le centre-ville. C’est ramadan, certains sont debout depuis quelques heures et semblent déjà pressés de faire la sieste. Arrivés devant le cinéma, je suis satisfait, nous sommes en avance, personne ne s’est perdu ni précipité devant un feu rouge. Le programme de la matinée est simple : plonger les élèves dans une salle obscure pour la troisième fois en espérant atteindre, au moins en partie et pour quelques élèves, quelques objectifs simples. Appréhender un film dans toute sa dimension rituelle, à l’heure de l’addiction généralisée de nos adolescents pour les formats courts et assez rarement fictionnels. Et puis, peut-être, éveiller leurs goûts, les confronter à une certaine altérité, ...