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Comme un air... Iggy Pop / Mark Lanegan : the dead don't die

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Vous préférez devenir une légende en mourant à 27 ans ou survivre au risque de diluer voire ternir l’image de vos débuts ? « Burn out or fade away » ? Iggy, lui, a fait les deux. Connu pour ses prestations scéniques chaotiques avec les Stooges, il obtient rapidement le statut officieux de « parrain du punk » grâce à sa musique brute à rebours de l’évolution du rock de l’époque. Lorsqu’il atteint 27 ans, le groupe est terminé et son héritage n’est pas encore réclamé. Iggy suit la voie de la rock star en perdition, entre drogues dures, bastons et comportement erratiques. Dans une autre réalité, Iggy rejoint ici le club des 27 et le monde n’en est guère changé à l’exception de la bande-originale de Trainspotting et de la dernière journée de Ian Curtis. Pourtant et contre toute attente, Iggy survit et se découvre d’autres qualités que l’énergie des Stooges : une voix chaleureuse, des textes entre sarcasmes et introspection et un goût pour le contre-pied qui n’en finira pas d’exciter la p

John Cale : Ne lui parlez pas d'âge

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 John Cale - Mercy (Domino, 20 janvier 2023) La plupart du temps, il est préférable de dispenser le monde de son opinion sur les dernières sorties d’artistes dont on ne peut citer aucun titre de moins de 50 ans. De quel droit peut-on juger quelque chose qu’ils ont eu le courage de sortir au lieu de vivre de leurs rentes, alors qu’on les ignoré si longtemps ? Le jeunisme et la nostalgie réactionnaire, tout artiste assigné à résidence, j’ai déjà versé là dedans, tout le monde le fait donc autant passer son chemin. Sauf que des Leonard Cohen, David Bowie ou Nick Cave ont montré cette dernière décennie qu’on pouvait sortir des albums tout à fait contemporains, risqués même, en étant plus proche de la fin – de sa vie et de sa carrière – que du début. Me voilà donc devant John Cale, 80 ans, quelques dizaines d’albums, artiste émérite sanctifié de son vivant, de retour après dix ans d’absence pour un nouvel album intimidant malgré un titre supposant une forme d’humilité : Mercy . J’ai parcou

Photo de classes - 1923 : Bessie Smith, "Down Hearted Blues"

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Dans la campagne de mon enfance, on célébrait -et on célèbre encore- les "classes" de l'année où se réunissaient toutes les générations dont l'année de naissance se terminaient par le même chiffre, et qui passaient donc une dizaine en même temps. L'occasion pour les correspondants de la presse locale de faire une belle photographie avec un maximum de générations, du nourrisson au centenaire si possible. Pourquoi pas célébrer les classes en musique ? Toutes les deux semaines, une chanson fêtant son anniversaire pour un total de 25 jusqu'à mes chansons préférées de cette année. Fixons dès à présent quelques règles : - 4 chansons de 1923 à 1963 - 3 chansons par décennie de 1962 à 2022  - une seule chanson par artiste  Voici par exemples les classes en 0 , classes en 1 et classes en 2 . *          *           *          *           *          *          * Sans plus tarder commençons dès maintenant avec la doyenne qui fête cette année son centenaire : Bessie

En boucle : The Birthday Party, voyage en terre inconnue

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Ville moyenne d'une région post-industrielle qui ne sait plus vraiment quel est son rôle dans le pays, perdue quelque part entre une capitale qu'elle a toujours vu avec défiance et un espace naturel qui contribue autant à son attractivité qu'à son isolement, voilà ce qu'est la géographie de la musique de Nick Cave. Arrivé à la gare Let Love In , la navette vous emmène immédiatement à la place Murder Ballads et ses pubs. De là, vous pouvez prendre l'avenue Henry's Dream ou Tender Prey . A l'ouest, la première vous permet d'atteindre le quartier des restaurants The Good Son , alors que la seconde vous dirige vers le centre historique: la cathédrale Your Funeral... My Trial , le musée Kicking Against the Pricks , sans oublier les premiers immeubles aujourd'hui reconvertis en galeries d'arts From Her to Eternity et The First Born is Dead . Bien que très attachés à ce centre-ville, j'apprécie me balader dans les quartiers résidentiels du sud d

Rozi Plain : Juste ce qu'il faut

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 Rozi Plain - Prize (Memphis Industries, 13 janvier 2023)   Le mois de janvier n’est pas vraiment mon préféré. On est en pleine descente de sucre et les journaux nous inondent d’articles d’anticipation sur les grands évènements à attendre pour cette nouvelle année. Alors que tout le monde semble s’être arrêté pour profiter du moment présent en fin d’année, on avance tous comme mus par une force extérieure qui nous guide aveuglément sans se soucier de savoir si on a choisi nos bonnes résolutions. Alors, que souhaite t-on au mois de janvier ? De s’arrêter, mais pour de vrai. De se poser un moment pour siroter un thé en pleine conscience. Peut-être qu’on veut faire le point sur nos vies, peut-être qu’on veut juste être seuls et peut-être veut-on simplement prolonger le temps suspendu de cette fin d’année sans nous brusquer à prendre des décisions irrationnelles, écrire des to-do list ou simplement retourner au boulot.   Le nouvel album de Rozi Plain est un parfait disque de mois de janvi